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Vietnam États-Unis Chine G20

Publié le • Modifié le

Le Vietnam profitera-t-il de la guerre commerciale entre Washington et Pékin?

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Une usine américaine à Hanoi, Vietnam. AFP/Manan Vatsyayana

Alors que la tension continue de grimper entre les États-Unis et la Chine, son voisin vietnamien, à la main-d’œuvre peu chère et aux réglementations fluides concernant le commerce serait-il le grand gagnant de cette guerre commerciale ?


Apple va-t-il délocaliser ses chaines de productions chinoises au Vietnam ? C’est une possibilité que dévoile le quotidienNikkei. Une initiative, qui ne semble pas isolée. D’après la Chambre du Commerce des entreprises américaines installées en Chine, 87% d’entre elles subissent déjà des conséquences négatives de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et lorsqu’elles songent à délocaliser, la première destination envisagée est l’Asie du Sud Est.

Le voisin vietnamien demeure alors particulièrement attractif, avec une main-d’œuvre trois fois moins coûteuse que la main-d'œuvre chinoise, mais aussi une politique plutôt favorable au libre-échange, et une certaine stabilité gouvernementale qui rassure les investisseurs.

Alors que les tensions commerciales entre les deux pays perdurent depuis plus d’un an, cette attirance pour le « made in Vietnam » est déjà visible. D’après la Commission du commerce international des États-Unis, les importations américaines en provenance du Vietnam ont connu une hausse de 40 % au premier trimestre de cette année par rapport à l’année 2018.

Du côté vietnamien, JLL Vietnam, une entreprise de conseil en immobilier assure que les loyers industriels ont augmenté de 11 % au second semestre de l’année 2018.

Un engouement antérieur au début de la guerre commerciale

Mais lier cet attrait aux seules inquiétudes de la guerre commerciale serait aller trop vite en besogne. Relocaliser au Vietnam est un mouvement qui a précédé  l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche. Entre 2010 et 2018, d’après l’économiste Jean-Raphaël Chaponnière, les valeurs des exportations vietnamiennes ont été multipliées par quatre.

Cet attrait commercial s’est notamment intensifié avec l’avènement de la stratégie commerciale baptisée « Chine + 1 » par la banque d’investissement japonaise Nomura . Cette méthode consiste à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et à s’installer en Chine, mais aussi dans un autre pays asiatique, comme l’a fait par exemple Samsung ou encore Nike au Vietnam.

Une manœuvre qui s’est révélée payante depuis la hausse des salaires chinois en 2018 et le début de la guerre commerciale.

Le Vietnam est-il déjà dans le collimateur des États-Unis ?

La ruée vers le Vietnam a donc déjà commencé et elle reste très scrutée par les États-Unis depuis qu' Hanoï est devenu le deuxième partenaire asiatique avec lequel les Américains sont déficitaires commercialement. En mai dernier, le Vietnam s’est même, à ce titre, invité dans le dernier rapport du Trésor américain concernant la politique de change des principaux pays avec lequel il fait du commerce. Censé évaluer si les partenaires des Américains jouent avec leur taux pour valoriser leurs exportations, ce rapport peut permettre d’établir des sanctions envers certains pays.

Cette présence du Vietnam dans la liste des principaux partenaires commerciaux avec lesquels les États-Unis ont un déficit commercial peut expliquer les propos du président Donald Trump sur la chaine Fox Business : « le Vietnam est pire que la Chine en termes d’échanges commerciaux »

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