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Publié le • Modifié le

Automobile: quel avenir pour Renault et Nissan?

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Carlos Ghosn apparaît dans un bulletin d'information à la télévision japonaise, le 20 novembre 2018. Toshifumi KITAMURA / AFP

L’alliance entre Renault-Nissan et Mitsubishi Motors peut survivre à l’affaire Carlos Ghosn, estime la presse japonaise. Mais la direction de Nissan demande toujours une relation plus juste avec Renault en amont d'une réunion ce jeudi 29 novembre à Amsterdam, aux Pays-Bas, la première à se tenir entre les dirigeants des trois constructeurs automobiles depuis l’arrestation de Carlos Ghosn.


Quel sera le nouveau visage du numéro un mondial de l'automobile ? Qui va le diriger, en l'absence de celui qui en a été l'architecte ? Quel partage des pouvoirs entre Japonais et Français ? A priori, aucune décision définitive ne sera prise au siège néerlandais de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Les deux principaux protagonistes, Hiroto Saikawa, patron de Nissan, et Thierry Bolloré, qui assure l'intérim chez Renault, ne seront sans doute pas présents physiquement à la réunion qui se tient ce 29 novembre à Amsterdam, au siège de l'Alliance. Ils se parleront via vidéoconférence lors d'une réunion prévue de longue date, et où officiellement il sera question des projets communs et des affaires courantes.

Il faut montrer que l'alliance créée il y a 19 ans peut continuer à fonctionner, malgré le débarquement sans ménagement du patron et la demande japonaise d'un rééquilibrage des pouvoirs. Une façon évidemment aussi de rassurer les marchés financiers, les salariés et les gouvernements respectifs.

Fronde japonaise

Renault et Nissan ont une histoire commune de vingt ans lorsque le constructeur français a sauvé son concurrent japonais de la faillite. Mitsubishi Motors les a rejoints il y a deux ans, les trois constructeurs continueront de coopérer sur des bases solides, déclare un responsable de Mitsubishi Motors à Tokyo.

Sauf que les temps ont changé. Nissan, bien que contrôlé d'une main de fer par Carlos Ghosn, tire le groupe vers le haut, en terme de bénéfices et de voitures vendues. Débarrassé au moins provisoirement de la figure tutélaire, le constructeur japonais réclame une meilleure part du gâteau.

Dans un message aux salariés de Nissan, son président exécutif Hiroto Saikawa a souligné l’inégalité de la structure de l’alliance et souhaite la rééquilibrer, rapporte notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles.

Commentateur d’une chaîne de télévision japonaise, Yoshio Hotta se veut optimiste avant la réunion d’Amsterdam : « L’absence de Ghosn devrait faciliter la discussion. Par sa taille et ses bénéfices, Nissan est plus fort que Renault. La relation est trop déséquilibrée. »

Le journaliste japonais estime appropriée l’arrestation de Carlos Ghosn soupçonné de malversations financières et d’abus de biens sociaux. « Les procureurs japonais n’ont pas arrêté Carlos Ghosn sans avoir les preuves des accusations portées contre lui. Il y a donc un grand risque qu’il soit mis en examen », ajoute Yoshio Hotta. Le patron français, lui, nie en bloc toutes les accusations portées contre lui.

Côté français, on commence à trouver le temps long. Carlos Ghosn se trouve en garde à vue depuis déjà dix jours mais très peu de détail ont filtré sur les faits qui lui sont reprochés. Ce qui pose problème chez Renault, où l'on ne sait pas si l'on doit tourner la page.

La fronde japonaise commence par ailleurs à irriter le ministre de l'Economie français. Bruno Le Maire prévient : il n'est pas question de modifier la gouvernance, les participations croisées, les partenariats, ce qui jusque-là a fait le succès d'un mariage industriel aujourd'hui à la croisée des chemins.

(Re) lire : Affaire Carlos Ghosn: la presse japonaise a la dent dure pour l'ex-patron de Nissan

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