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Publié le • Modifié le

Grève de la SNCF : un week-end orange dans les gares françaises

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Un manifestant brandit une pancarte en soutien à la SNCF pendant un rassemblement contre la réforme du gouvernement à Paris, le 19 avril 2018. REUTERS / Benoit Tessier

On pensait que la grève à la SNCF était terminée en France. Il n'en est rien ! Nouvelles journées de mobilisation des cheminots ce vendredi 6 juillet et samedi 7 juillet à l'initiative des syndicats CGT et Sud Rail. Une date qui n'est pas choisie par hasard. Ce week-end, on attend plus d'un million de voyageurs dans les gares françaises.


Doit-on s'attendre à de nouvelles galères après trois mois de grève ? Tout dépendra en fait de votre destination de vacances. La SNCF prévoit en moyenne 4 TGV sur 5, et 100% des trains vers les lieux les plus touristiques, notamment les villes du sud-est de la France comme Nice ou Marseille, et plus étonnant ... vers Noirmoutier dans l'ouest du pays. C'est en effet de là que partira le Tour de France de cyclisme samedi 7 juillet.

Quoi qu'il en soit, la SNCF mise tout sur l'information. « Après ces trois mois de grève difficiles, 88% des clients ont trouvé l’information utile et de qualité. Notre défi, c’est que quand des trains ont été sélectionnés pour rouler, nos clients aient l’information pour pouvoir s’organiser. C’est ce que l’on a démontré de façon assez efficace sur la grève qui vient de s’écouler », se félicite Patrick Ropert, directeur général de la branche gares et connexions de la SNCF.

Les usagers veulent des vacances

Du côté des usagers, on soutient de moins en moins les blocages de trains. Le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire a beau avoir été définitivement adopté par le Sénat il y a trois semaines, on ne sait pas combien de temps le mouvement de grève va durer. Du côté de la Fnaut, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports, on en veut aux syndicats.

« Le droit des usagers est un droit au même niveau que le droit de grève. Il faut que les organisations syndicales comprennent cela. Elles peuvent faire en sorte que lors des week-ends de grands départs, on garantisse toutes les circulations. Nous comprenons qu’ils fassent grève, mais on demande qu’il y ait un peu de réciprocité, un peu de méthode et un peu de compréhension », exhorte Bruno Gazeau, président de la fédération.

Les syndicats temporisent

A cela, les grévistes de la CGT et de Sud Rail répondent une chose : que l'on reconnaisse que leur combat est légitime, que l'on comprenne que laisser des trains à l'arrêt, ce n'est pas par plaisir. Thierry Nière, secrétaire général adjoint de la CGT cheminots, répond aux interrogations des usagers :

« Oui ça gêne quand on fait grève, on le sait. C’est évidemment réfléchi en amont. Mais le combat que l’on mène, il est légitime pour garder des trains partout en France, quel que soit son territoire. On ne recherche pas l’adhésion de tous, simplement que l’on comprenne pourquoi on s’acharne autant. Ce n’est pas un combat exclusivement pour les cheminots, il est aussi social, sociétal et environnemental. »

Division suite à l'adoption du texte

Reste maintenant une inconnue, savoir si la grève va durer. Plusieurs syndicats comme la CFDT ou l'Unsa ont décidé de suspendre le mouvement pour l'été. L'adoption de la réforme de la SNCF y est certainement pour quelque chose. Mais pour la CFDT, l’idée est de « pouvoir garder des ressources de mobilisation à la rentrée ». C'est une première en trois mois alors que cette grève était fondée sur l'unité entre toutes les formations syndicales. Un véritable coup d'arrêt, donc, pour la CGT et Sud Rail, dans leur volonté de continuer le combat dans les semaines à venir.

Chronologie et chiffres clés