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Etats-Unis Donald Trump Industrie Commerce et Echanges

Publié le • Modifié le

Acier et aluminium: Donald Trump défend-il vraiment l'industrie américaine?

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Le président américain Donald Trump a signé à la Maison Blanche les documents qui officialisent l'imposition de taxes sur les importations d'acier et d'aluminium vers les Etats-Unis, le 8 mars 2018. REUTERS/Leah Millis

Les taxes douanières décidées par le président américain Donald Trump sur l'aluminium et l'acier suscitent de nombreuses réactions. Plusieurs responsables allemands ont fustigé le protectionnisme américain, alors que l’Allemagne est l'un de principaux exportateurs d'acier dans le monde. L'Union européenne, elle, prépare sa riposte. Entouré d’ouvriers en bleu de travail, Donald Trump a signé le décret à la Maison Blanche. Le président américain s'est vanté d'avoir ainsi tenu une promesse de campagne. Et pourtant, pas sûr que ces mesures protectionnistes avantagent au final l'industrie américaine.


Donald Trump souhaite protéger les producteurs américains d'acier et d'aluminium qui emploient à peu près 145 000 personnes. Mais le secteur manufacturier qui emploie 6 millions et demi de salariés pourrait en faire les frais et en bout de chaîne, les ménages américains.

Les constructeurs automobiles, très consommateurs de ces métaux sont inquiets d’une forte hausse des coûts de production à un moment de ralentissement des ventes sur le marché américain. Toyota a déjà fait savoir qu’il n’était plus en mesure d’importer aux Etats-Unis de l’acier bon marché pour produire ses voitures sur le sol américain. Pareil pour l’industrie agroalimentaire qui utilise l’aluminium pour fabriquer des barquettes et des canettes. Les Américains pourraient payer plus chers leur bière et leur ketchup.

Selon plusieurs analystes, ces mesures pourraient donc détruire plus d’emplois dans le secteur manufacturier qu’elles n'en créeraient dans le secteur de l’acier et de l’aluminium, sans compter les conséquences sur l’agriculture américaine. Les pays étrangers visés par ces mesures vont répliquer. Ils envisagent de taxer à leur tour les produits agricoles américains comme le soja dont les Etats-Unis sont les premiers exportateurs au monde.


L’OMC impuissante

L'OMC ne peut rien faire de sa propre initiative, il appartient aux Etats membres de contester la mise en place des taxes douanières par l'administration Trump, fait valoir pour sa défense l'organisation dont le siège est à Genève.

Certes son directeur général Roberto Azevedo déplore la situation actuelle et estime que la politique de l'œil pour œil va nous rendre tous aveugles. Mais les armes de l'OMC dans cette guerre commerciale qui se profile ne sont pas bien puissantes.

Les Etats opposés à ces mesures protectionnistes américaines peuvent déposer un recours devant l'organe de règlement des différends qui ouvre une période de consultation de deux mois. Faute d'accord un panel d'expert est alors désigné qui peut prendre des mois.

Toutefois la faiblesse de l'OMC en cette période n'est que la manifestation du recul de son influence au cours des dernières années.

Certains analystes pensent même que Donald Trump à l'origine de la crise actuelle y voit aussi le moyen de préparer le retrait pur et simple des Etats-Unis de l'Organisation mondiale du commerce.

 

 

 

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