rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

France Transport Architecture et urbanisme Emploi et Travail Tourisme Jeux Olympiques

Publié le • Modifié le

France: déboires et enjeux du chantier du «Grand Paris Express»

media
Les lignes 15, 16, 17 and 18 doivent être construites pour le Grand Paris Express, qui devrait aussi voir l'extension des lignes 11 et 14 qui existent déjà. CC/Wikimedia/Hektor

La Cour des comptes dévoile son traditionnel rapport annuel, chargé d'évaluer la qualité de gestion des politiques publiques. Mais il y a quelques semaines déjà, en avant-première, l'institution a épinglé les retards et les dérapages budgétaires du chantier du Grand Paris Express. 


Grand Paris Express, c’est le grand réseau de métro de 200 km et 68 gares autour de la capitale qui doivent désengorger le réseau ferroviaire et mieux relier les départements qui entourent la capitale française. Mais la Cour des comptes a émis de sérieux doutes sur le respect du calendrier et surtout elle a pointé les surcoûts de ce gigantesque projet. De dix-neuf milliards d'euros prévu initialement en 2010, le projet a été réévalué à plus de 25 milliards en 2013. Et désormais, la Cour estime qu'il devrait coûter pas moins de 38 milliards et demi.

Les JO-2024 en ligne de mire

Face à ce surcoût, certains élus d’Île de France ont redouté que des lignes soient supprimées par le gouvernement. Face à la fronde de ces élus, l’exécutif a réagi fin janvier. Malgré le surcoût, le gouvernement s’est engagé à construire toutes les lignes d’ici 2030 c'est-à-dire le prolongement de la 14 qui traverse Paris et la construction des nouvelles lignes ; la 15, la 16, la 17 et la 18. La priorité sera donnée à la réalisation d’ici 6 ans du prolongement nord et sud de la ligne 14 et du tronc commun des lignes 16 et 17. Ce sont des lignes stratégiques dans les perspectives des Jeux Olympiques de 2024.

Mais si les élus se mobilisent donc pour défendre l’intégralité des lignes, des voix s’élèvent pour que ne soient construites que les lignes les plus proches de Paris. L’Association des usagers des transports d'Île-de-France préconise par exemple l’abandon des lignes 17 et 18 jugées moins utiles, au profit du tramway, moins coûteux, plus rapide à réaliser et mieux adapté aux besoins réels dans des zones peu denses. Face aux grands moyens financiers qui doivent être engagés pour la réalisation du Grand Paris Express, l’association craint que la modernisation du réseau existant soit ralentie faute de crédits.

L'intercommunalité, un enjeu économique

Un avis que ne partage pas Philippe Subra, professeur d’Aménagement du territoire à l'université Paris 8. Les tramways sont plus lents, transportent moins de passagers et ne répondent pas à l’accroissement démographique de la banlieue, estime-t-il. Autre avantage, le métro permet de relier des distances plus importantes et aidera beaucoup de territoires de l’Île-de-France à être attractifs économiquement, conclut-il. Le gouvernement doit rendre son avis sur le calendrier et sur le financement de l’ensemble des lignes, d'ici quelques semaines après une concertation avec les élus et les commissions d’experts.

Chronologie et chiffres clés