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Aéronautique Corruption

Publié le • Modifié le

Corruption: Airbus doit s’attendre à des moments «turbulents et déroutants»

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L'avionneur européen est visé par deux enquêtes pour soupçons de corruption. REUTERS/ Regis Duvignau

Dans une lettre adressée à ses salariés, le patron d'Airbus Thomas Enders a prévenu qu'une tempête politico-médiatique risquait de s'abattre sur le groupe aéronautique, visée par une enquête pour corruption.


De l'aveu même de son patron, Tom Enders, des « moments turbulents et déroutants » attendent Airbus. L'entreprise aéronautique est visée par deux enquêtes menées dès août l'année dernière au Royaume-Uni, puis en France, pour soupçons de corruption dans ses activités britanniques d'aviation civile.

Selon le site d'information Mediapart et le quotidien allemand Der Spiegel, le Serious Fraud Office, l'organe britannique chargé de la lutte contre la corruption en Grande-Bretagne, a enquêté sur d'éventuelles commissions et rétrocommissions illégales versées dans le cadre de ce marché de l'aviation civile.

Par ailleurs, Thomas Enders serait impliqué dans la création d'une société-écran, autour d'une ancienne filiale de maintenance aéronautique, Vector Aerospace, reprise par l'américain Standard Aero. Selon des procureurs allemands cités par les deux médias, Vector était en réalité une « caisse noire » qui aurait servi à distribuer des pots-de-vin pour vendre à l'Autriche 18 avions de combat Eurofighter en 2003. Tom Enders était alors à la tête de la division défense du groupe.

Dans une lettre adressée à ses salariés vendredi 6 octobre, le PDG d'Airbus prévient que ces enquêtes pourraient donner lieu à des « pénalités conséquentes ». En ouvrant lui-même la boîte de Pandore, Thomas Enders espère éviter le procès en pénal en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Il peut bénéficier de la loi Sapin II qui prévoit de ne pas punir les entreprises qui dénoncent elles-mêmes des faits de corruption, en échange d'une grosse amende.