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Publié le • Modifié le

France: économies dans les ministères pour respecter les engagements européens

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Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, ici 17 mai 2017. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

La France s'est engagée à ramener son déficit public sous la barre des 3% du PIB dès cette année : 4,5 milliards d'euros d'économie seront réalisés tout en maintenant les baisses d'impôts promises et les mesures fiscales annoncées. Des économies sans toucher aux effectifs de fonctionnaires ou aux minima sociaux. L'Etat va montrer l'exemple : le ministre des Comptes publics Gerald Darmanin a listé dans le journal Le Parisien ce mardi 11 juillet la liste des économies qui seront réalisées par les ministères.


C'est une règle d'or tacite. Il ne faut jamais oublier le ras-le-bol fiscal des Français. Une semaine après le discours d'Edouard Philippe et le report annoncé des mesures fiscales promises, marche arrière de l'exécutif, les promesses seront tenues et mises en place en suivant le calendrier prévu, en 2018. L'ISF, l'impôt sur la fortune, sera réformé et la taxe d'habitation supprimée pour 80% des Français.

Pour les économies, c'est l'Etat le premier qui se serrera la ceinture et montrera l'exemple. Quelque 4,5 milliards d'euros seront économisés, soit près de 10% du budget global de l'Etat. Tout est supporté par l'Etat, sans suppression de postes, sans mettre à contribution les collectivités locales et la sécurité sociale, sans toucher aux minimas sociaux.

Des ajustements ministère par ministère

Des appels d'offres plus pertinents, mieux ciblés, négociés, pour le fonctionnement des ministères, des projets et des chantiers suspendus. Le ministère de l'Intérieur devra faire 526 millions d'euros d'économies sans toucher aux effectifs de la police et de la gendarmerie. Le ministère de la Défense doit rester dans les clous du budget voté en 2017 par le Parlement, pas de baisse, mais l'enveloppe devra être respectée, à commencer par les opérations extérieures. Les coûts de ces OPEX devront être maîtrisés. Chiffrées à 450 millions d'euros pour 2017, elles dépassent le milliard depuis plusieurs années.

Le ministère des Affaires étrangères devra économiser 282 millions d'euros cette année. La moitié sera de la baisse de l'Aide publique au développement. Décision aussitôt dénoncée par l'ONG One. Pour sa directrice, Frederieke Röder, baisser l'aide au développement revient à mettre dans le même panier l'aide publique et les frais de gestions des ministères, c'est considérer la lutte contre l'extrême pauvreté, les changements climatiques et les grandes pandémies mondiales comme accessoire.

Le ministère de l'Education nationale devra également économiser 75 millions d'euros, mais il n'y aura pas de postes de professeurs supprimés à la rentrée scolaire, assure Gérald Darmanin. L'accompagnement des enfants handicapés à l'école sera renforcé, comme promis par Emmanuel Macron lors de la campagne pour la présidentielle. Les promesses seront tenues. Les économies sont faites pour mettre de l'argent « là où il y a vraiment un besoin ».

Scepticisme à droite

C'est de la « régulation budgétaire classique, comme on en fait depuis toujours », explique le président de la Commission des finances à l'Assemblée, Eric Woerth, qui dénonce une « mise en scène ». Scepticisme également du président du Sénat : « La technique n'a vraiment pas changé, ironise Gérard Larcher, on est au rabot au lieu de se poser des questions de structure ».

Les économies vont se poursuivre en 2018. La France s'est engagée à stabiliser l'an prochain ses dépenses, ce qui, selon les experts, implique d'économiser près de 20 milliards d'euros.

Des négociations sont prévues avec les acteurs de la politique de l'emploi, du logement et de la formation professionnelle.

Chronologie et chiffres clés