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Publié le • Modifié le

Crise chez GM&S: Bercy réunit tous les acteurs pour trouver une solution

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Quelques milliers de personnes réunies en soutien aux salariés GM&S Industry ont parcouru près de 4 km depuis l'usine, à La Souterraine, jusqu'à la mairie, mardi 16 mai 2017. GEORGES GOBET / AFP

Gouvernement, syndicalistes, constructeurs et repreneur potentiel—: tous les acteurs du dossier de l'équipementier automobile français GM&S, placé en liquidation judiciaire, se retrouvent pour la première fois ce mardi 11 juillet pour une réunion cruciale à Bercy.


« L'ambition est d'obtenir une solution permettant de pérenniser le site de GM&S à La Souterraine [Creuse, ndlr] », a indiqué une source de Bercy, avant la réunion qui débute à 15h30, ce mardi, avec la participation de 30 à 60 personnes, dont le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et Alain Martineau, le PDG de GMD, le repreneur potentiel.

« La réunion servira à s'assurer que nous avons bien une méthode pour aboutir à une offre de reprise définitive et ferme avant l'échéance fixée à l'audience au tribunal de commerce le 19 juillet », a ajouté la source. Les salariés de GM&S avaient accepté jeudi dernier de lever le blocage d'un site de PSA dans l'Allier, après un accord avec le gouvernement sur l'ordre du jour de cette réunion, à laquelle participeront également les constructeurs Renault et PSA, dont les commandes et les investissements sont indispensables à la survie de l'usine.

Combien de salariés repris ?

Les quatre points à l'ordre du jour obtenus par les salariés sont : « volume de commandes et chiffre d'affaires, nombre des emplois repris, prise en charge des salaires jusqu'au 31 août, accompagnement social et indemnités des salariés non repris », a précisé le délégué CGT Patrick Brun. Les discussions sur les effectifs constitueront l'un des grands sujets de la réunion, le numéro un français de l'emboutissage GMD n'envisageant de reprendre que 120 salariés sur 277.

Or, les représentants des salariés se rendent à Bercy avec « le mandat de négocier 180 emplois maintenus » avec GMD, a indiqué à l'AFP Me Jean-Louis Borie, avocat des salariés de GM&S. « D'après notre lecture il peut reprendre plus de salariés » que 120, a-t-il insisté.

Négocier une indemnité supra-légale pour les salariés non repris

Autre condition des syndicats, cette fois-ci adressée aux constructeurs : « obtenir le financement d'une indemnité supra-légale » pour les salariés qui ne seraient pas repris, qui s'ajouteraient aux indemnités de licenciement de base. Sur ces deux points, difficile de voir des percées pour l'instant. « Ce qui est crucial pour nous est que la société GMD et les salariés puissent s'asseoir autour d'une table dans un climat le plus constructif possible pour travailler », a indiqué Bercy. Quant à l'indemnité supra-légale, « la porte de la part des constructeurs est fermée pour l'instant », reconnaît une source.

Renouveler les machines

Bercy rappelle que la société PSA s'est engagée pour trois ans à passer des commandes pour 12 millions d'euros à GM&S et Renault pour 10 millions d'euros. Mais la réunion a un autre enjeu : les investissements des deux constructeurs pour renouveler des machines parfois obsolètes pour moderniser le site. « L'offre de GMD nécessite que les deux constructeurs apportent 10 millions d'euros en tout », souligne-t-on à Bercy. « Renault a annoncé qu'il apporte cinq millions et les discussions se poursuivent avec PSA pour un investissement équivalent de leur part », a ajouté la source.

Les salariés, eux, restent déterminés à poursuivre leur combat : « trente ans de plans sociaux, ça rend endurant », déclarait jeudi le syndicaliste CGT Jean-Marc Ducourtioux depuis Sept-Fons dans l'Allier, et désignant le logo PSA : « Ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux, car ce sont eux qui nous ont créés ». GM&S Industry, 2e employeur privé de la Creuse, a été placé le 30 juin en liquidation judiciaire et l'offre de reprise de GMD doit être examinée le 19 juillet par le Tribunal de Commerce de Poitiers.

(Avec AFP)

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Portrait d'un ouvrier de GM&S Dominique Beaubert 11/07/2017 - par Aabla Jounaïdi Écouter