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Avignon 2019 Théâtre France Culture

Publié le • Modifié le

Ouverture du 73e Festival d’Avignon: l’Europe, l’exil et les odyssées

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La cour d'honneur du Palais des Papes du Festival d’Avignon. © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

L’ambition affichée de cette 73e édition du Festival d’Avignon est de partager « la joie d’être ensemble ». Le plus grand rendez-vous du théâtre ouvre ce jeudi 4 juillet au soir avec Architecture. Dans la majestueuse cour d’honneur du Palais des papes, le metteur en scène Pascal Rambert convoque le drame d'une famille névrosée, à l’image de l’Europe aujourd’hui.


Architecture est une métaphore pour une Europe qui va mal et donne en même temps les raisons éthiques et esthétiques justifiant qu'on se batte pour elle. Sur scène, pendant trois heures et demie, Emmanuelle Béart, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey, Denis Podalydès et Jacques Weber donneront corps aux espoirs et désespérances de cette famille d’artistes déchirée.

Outside, l’absence parlante de Kirill Serebrennikov

Longtemps assigné à résidence et toujours frappé par une interdiction de quitter Moscou, suite à des accusations de détournement de fonds jugées par beaucoup comme « délirantes », la place du cinéaste et metteur en scène russe Kirill Serebrennikov restera vide pendant le festival.

Sa pièce Outside aura bel et bien lieu à Vedène, l’autre scène du Grand Avignon. Car même à distance, ce libre penseur reste capable de faire sensation avec son spectacle autour du photographe et poète chinois Ren Hang, qui s’est suicidé en 2017, « en acte de protestation », remarque Olivier Py, directeur du festival.

À écouter aussi : Le metteur en scène Pascal Rambert, notre Invité Culture du 4/7/2019

Dans Points de non-retour, la Franco-Roumaine Alexandra Badea montera et démontera au théâtre Benoît-XII l’histoire officielle du massacre d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961.

À la Cour du collège Vernet, le chanteur-guitariste brésilien Tigana Santana fera résonner les thèmes de la censure et de la colonisation. Et Blandine Savetier a la charge de faire vivre en 13 actes l’Odysée d’Homère dans le jardin de la bibliothèque Ceccano.

Les relations entre le Congo et la Belgique

La chorégraphie Outwitting The Devil d’Akram Khan fera vibrer dans la deuxième moitié du festival la cour d’honneur du Palais des papes. Faustin Linyekula interrogera l’histoire de son pays et les relations historiques entre le Congo et la Belgique.

L’Ivoirien Yacouba Konaté racontera dans le conte musical Le jeune Yacou son histoire marquée par la guerre. Le chorégraphe burkinabè Salia Sanou présentera sa nouvelle création Et vous serez là.

► À lire aussi : Théâtre - le défi des réseaux sociaux

Fier de ses artistes renouvelant chaque année l’écriture théâtrale et ouvrant de nouvelles voies expérimentales, le Festival d’Avignon est également fier de ses spectateurs – « extrêmement fidèles et militants » - qui aspirent de vivre pendant trois semaines une expérience intense.

Les éditons précédentes ont montré que tout de même un tiers du public assiste à plus de cinq représentations du « In » (pour des prix oscillant entre 10 et 40 euros) et 10% d'entre eux viennent de l’étranger. Encore plus surprenant, selon une enquête de l’université d’Avignon, 64% des festivaliers sont des femmes.

Un festival fier de ses spectateurs

Avec une proportion actuelle de 18% de 15-30 ans lors de l’édition 2018, l’engagement du directeur Olivier Py auprès des jeunes (dont l'offre « quatre spectacles pour 40 euros ») porte donc ses fruits, sans oublier que « 20% du public [adulte] gagne moins que le salaire médian », 1 710 euros par mois.

Et même si l’on éteint son portable pendant les spectacles, la révolution numérique progresse aussi dans l’univers du théâtre. L’année dernière, 90% des festivaliers se sont connectés à internet et 75% à un réseau social pendant leur séjour dans la cité des papes.

L’édition 2019 s’adresse encore plus aux inclus comme aux exclus, avec une nouvelle application donnant aux utilisateurs en temps réel des places disponibles. Et pour la première fois, il y aura pour quatre spectacles des lunettes connectées à disposition pour les sourds et malentendants, affichant un surtitrage proposé en anglais et français.

Le programme du 73e Festival d’Avignon, du 4 au 23 juillet.

Chronologie et chiffres clés