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Chine Vatican Diplomatie

Publié le • Modifié le

«Diplomatie de l'art» : les musées du Vatican s'exposent à la Cité interdite de Pékin

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Du 28 mai au 14 juillet 2019, la Cité interdite accueille une exposition conjointe avec les Musées du Vatican. (Fred DUFOUR / AFP)

C’est un événement qui témoigne du rapprochement en cours entre la Chine et le Saint-Siège. Pour la première fois, des œuvres tirées des collections des musées du Vatican sont exposées à la Cité interdite de Pékin. La diplomatie culturelle fonctionne bien et symbolise un rapprochement graduel entre deux États qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1951.


Tout est dans le nom de cette exposition inédite : « La beauté nous unit ». Pas moins de 76 pièces tirées des collections des musées du Vatican ont fait le voyage à Pékin. Parmi elles, deux tableaux majeurs conservés à la Pinacothèque vaticane : Le Repos pendant la fuite en Égypte (1573) de Federico Barocci, dit le Baroche, et Adam et Ève au paradis terrestre du peintre autrichien animalier Johann Peter Wenzel. À leurs côtés, figurent aussi des peintures comme celles du jésuite missionnaire italien Giuseppe Castiglione, peintre à la cour de l’empereur Qing au XVIIIe siècle. S'ajoutent des pièces d’artisanat chinois aux influences bouddhistes mais aussi catholiques.

Pour le Vatican, cette exposition est un nouveau signe de la « géopolitique de la fraternité » qu’il veut mettre en avant, et qui passe avec Pékin par ces échanges culturels, rappelle notre correspondant à Rome Éric Sénanque. Le Saint-Siège veut montrer que ces échanges sont anciens et fructueux avec l’empire du Milieu. Signe de ces liens renforcés, la conception de l'exposition est bicéphale avec deux commissaires : Nicolas Malpelli, le responsable du département Anima Mundi des musées du Vatican, et Wang Yuegong, le responsable de la Cité Interdite.

Des tensions diplomatiques au rapprochement par la culture

Le Vatican et la Chine communiste n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1951. Dans les années 2000, les deux pays ont connu de fortes périodes de tensions autour de l'essor du christianisme dans l'empire du Milieu. En particulier de communautés catholiques dont les évêques ont refusé de prêter allégeance au Parti communiste chinois, plongeant les fidèles « papistes » dans la clandestinité.

Mais depuis son élection en 2013, le pape François cherche à se rapprocher du gouvernement de Pékin, espérant rétablir le lien avec les catholiques chinois. Un accord provisoire sur la nomination des évêques a été signé en ce sens en septembre 2018 entre le Vatican et la Chine.

L’exposition conjointe à la Cité interdite durera jusqu’au 14 juillet prochain. Une normalisation à petits pas semble ainsi se poursuivre grâce à cette « diplomatie de l’art ».

Chronologie et chiffres clés