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Publié le • Modifié le

Le peintre sénégalais Omar Ba: «L’Afrique a besoin de concrétiser ses rêves»

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L’artiste sénégalais Omar Ba dans son studio de Dakar, 2018. Courtesy Templon Paris & Brussels

« J’essaie d’exhumer l’oubli. » Omar Ba interroge l'histoire récente et le développement de l'Afrique à travers une œuvre énigmatique aux résonnances politiques. Créatures mythiques, animaux irréels et symboles géographiques, chaque toile se déploie à la manière d'une bande dessinée pour mieux décortiquer la complexité du monde. L’artiste sénégalais, 41 ans, nouveau talent de l’art contemporain africain, destiné à un avenir de mécanicien, a exposé à ses débuts dans les salons de coiffure et s'affiche aujourd'hui dans des musées prestigieux comme le Louvre d’Abou Dhabi. À travers son œuvre engagée, ce petit-fils de tirailleur sénégalais entend faire l’« Autopsie de nos Consciences », le titre de son exposition à la Galerie Templon, à Paris. Entretien.


RFI : On dit que vous êtes la nouvelle coqueluche des collectionneurs français. Vous savez pourquoi ?

Omar Ba : Je pense que je suis un artiste très accessible. Puis le fait de savoir qu’il y a des chiffres avec des zéros toujours derrière, c’est quelque chose que j’essaie de ne pas me mêler.

Beaucoup de zéros ?

[Rires] Non, pour l’instant, ils n’ont pas encore mis beaucoup de zéros. Et j’espère qu’il y aura d’autres artistes africains, beaucoup d’autres qui vont suivre. L’Afrique a besoin de rêver, mais l’Afrique a surtout besoin de concrétiser ses rêves.

C’est un peu le sens de cette série d’œuvres que vous exposez ici. Votre parcours est assez incroyable pour ne pas dire hallucinant puisqu’à vos débuts, vous avez exposé dans les salons de coiffure et les cafés à Genève.

C’était des clients de ce salon qui étaient venus se couper les cheveux en même temps, et puis découvrir de l’art. Je pensais que j’avais quelque chose à dire. Puis du coup, quand je suis arrivé en Suisse où j’étais aux Beaux-Arts pour faire un master, le travail que je faisais était assez abstrait. Puis je me rappelle, les professeurs me disaient : « on ne voit pas de message, on ne voit rien. Ça ne nous parle pas ». C’est comme ça que je suis arrivé à introduire des figures, des personnages pour créer une communication entre ce que je faisais et puis le public.

C’est peut-être un peu « folklorique » pour eux, c’est ça ?

Il y a ce mot qui est sorti. C’est vrai que c’était choquant.

C’est-à-dire que si c’était un Occidental qui l’avait fait, ils auraient dit, c’est du kitch.

Exactement, parfaitement. Ils auraient dit que c’est du kitch. Et moi, c’était folklorique. Ce qui m’a amené à faire ce que je fais aujourd’hui avec des outils qui ne sont pas destinés à la peinture, avec des supports qui n’étaient pas aussi destinés à l’art, c’est-à-dire cartons ou des bouts de papier ou des bouts de bois, ou du verre. Et c’est comme ça que je suis arrivé à faire ce que je fais aujourd’hui. Grâce à mes galeristes, en l’occurrence à la galerie Templon, j’ai pu avoir une œuvre qui est au musée du Louvre à Abou Dhabi, puis à la Fondation Louis Vuitton.

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