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Publié le • Modifié le

France: fronde contre les frais de sécurité qui menacent les festivals

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Le festival de musique «We love green» se tient à Paris au mois de juin. Getty Images/avid Wolff - Patrick / Contributeur

Selon une circulaire du ministère de l’Intérieur du 15 mai 2018, les frais de déploiement des forces de l’ordre pour assurer la sécurité des festivals doivent désormais être pris en charge par les organisateurs. Une augmentation du budget de sécurité colossale qui met en péril la tenue de certains évènements.


Au début du mois de juillet, l’organisation des Eurockéennes de Belfort annonce une augmentation de 800% de leurs frais de sécurité. Un coût jusque-là largement pris en charge par l'Etat qui plombe le budget du festival : ses frais de sécurité passent de 30 000 à 254 000 euros. « On s’attendait à une hausse bien sûr, mais pas autant. On a répondu qu’on ne pouvait pas payer », affirme son directeur Jean-Paul Roland.

La circulaire provoque une levée de boucliers dans le milieu culturel. Chez nos confrères de France Inter, l'ancien ministre de la Culture Jack Lang dénonce un « remboursement de frais de sécurité de plus en plus hallucinants, en termes de montants. Pour certains c’est supportable, pour d’autres c’est la mort. » Les responsables d'autres évènements comme les Vieilles charrues en Bretagne et Garorock dans le Lot-et-Garonne lui emboîtent le pas, et l'Union française des métiers de l'évènement dépose un recours devant le Conseil d'Etat, en demandant l’annulation de la circulaire.

Des négociations au cas par cas

Du côté du gouvernement on tente de calmer le jeu. Dans un communiqué commun, la ministre de la Culture Françoise Nyssen et le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb demandent aux préfectures de respecter le « fragile écosystème des festivals » en faisant du cas par cas : « Des difficultés localisées ayant pu survenir dans l’interprétation du texte, le ministre de l’Intérieur a rappelé aux préfets la nécessité de faire preuve de discernement dans l’application de ces instructions. »

Des négociations évènement par évènement,  pour savoir qui, de l’Etat ou des organisateurs, paiera une facture qui ne cesse de s’alourdir depuis les attentats de 2015. « Les négociations sont toujours en cours, indique Jean Paul Roland. La préfecture nous a fait une proposition à 95 000 €, mais c’est encore trop. Notre festival ne peut pas payer. » Les Eurockéennes espèrent encore obtenir gain de cause : ses organisateurs seront reçus au début du mois de septembre par Françoise Nyssen.

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