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Photographie Afrique du Sud exposition Culture France

Publié le • Modifié le

Paris Photo: la disparition des frontières dans la photographie

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“Umana” (détail) (2017). Archival pigment ink luster paper, 80 x 60cm, Edition of 5 + 2AP. Œuvre de Viviane Sassen, exposée à Paris Photo. Viviane Sassen. Courtesy of Stevenson, Cape Town / Johannesburg

Le salon de photographie le plus prestigieux au monde ouvre jusqu’au dimanche 12 novembre ses portes au Grand Palais, à Paris. À Paris Photo, 189 galeries de 30 pays reflètent l’effervescence du marché international de la photographie. Entretien avec Alexander Richards de la galerie sud-africaine Stevenson du Cap sur la disparition des frontières dans la photographie, l’engouement pour l’art du continent africain et l’impact de l’ouverture du musée Zeitz Mocaa en Afrique du Sud.


RFI : Votre stand nous accueille avec la photo extatique d’une femme à la peau bleue sur une plage. Pourquoi est-ce qu'elle nous trouble ?

Alexander Richards : C’est une photographie de Viviane Sassen, une photographe néerlandaise. Le titre est Dauphin bleu. Cette photographie d’une femme à la peau bleue est une œuvre photographique unique où l’artiste a peint sur la figure féminine. Le prix est à 15 000 euros.

Viviane Sassen qui a passé son enfance au Kenya a travaillé beaucoup pour la mode et la publicité des marques de sport et de vêtement. Est-ce une contradiction avec sa photographie d’art ?

C’est une question intéressante. Elle est très connue et a été souvent primée en tant que photographe de mode, mais elle est en même temps une incroyable photographe artistique. Les images exposées ici à Paris Photo montrent cela : cette façon d’utiliser la photographie, la peinture et des références à la sculpture. Au point que c’est difficile à dire si on voit une photographie, une peinture ou une sculpture.

Sur l’autre côté de votre stand, vous exposez des images de la vie quotidienne de Guy Tillim, lauréat sud-africain du prix Fondation Henri Cartier-Bresson 2017. S’agit-il de photographie d’art, de photojournalisme ou de photographie documentaire ?

Né en 1962, Guy Tillim a grandi dans les années 1980 en Afrique du Sud, pendant l’apartheid. Il était photographe documentaire et a travaillé aussi pour la presse. Donc il était amené à photographier des évènements choquants, mais aujourd’hui il réalise des photographies plus « neutres ». Il prend en photo des rues en Afrique ou des capitales africaines. La photo exposée est intitulée Musée de la révolution. Il a voyagé pendant huit ans à travers de plusieurs villes africaines en photographiant la vie quotidienne d’une manière très neutre et objective. Le prix pour une photo va de 7 200 euros à 8 500 euros.

Photos de Viviane Sassen sur le stand de la galerie sud-africaine Stevenson à Paris Photo. Siegfried Forster / RFI

Paris Photo a été créé il y a 20 ans. Cette année, il y avait une multitude d’expositions en France sur l’art en Afrique et en Afrique du Sud (Afrique Capitales, Vers le Cap de Bonne-Espérance, Art/Afrique, le nouvel atelier, Malik Sidibé, L’Afrique à l’honneur à Art Paris Art Fair…). Certains avaient même parlé d’un « printemps africain ». Ce phénomène a-t-il déclenché une nouvelle dynamique pour une galerie africaine comme vous ?

Oui, il y a une demande de plus en plus forte concernant des œuvres d’art venant du continent africain et d’Afrique du Sud en particulier. On participe depuis plusieurs années à Paris Photo et on ressent une prise de conscience chez les gens qu’ils doivent se familiariser avec cet art issu de l’Afrique. En même temps, on souhaite éviter à nos artistes d’être définis par le fait qu’ils viennent d’Afrique. Ils se définissent d’abord par la qualité de leur travail.

Vous exposez aussi des œuvres de Zanele Muholi. Lors de son exposition au printemps à la Fondation Louis-Vuitton à Paris, cette artiste phare de l’Afrique du Sud nous avouait de rêver d’un tel musée dans son pays natal. Depuis l’inauguration en septembre dernier du musée Zeitz Mocaa (Museum of Contemporary African Art) au Cap, ce bâtiment existe et les œuvres de Zanele Muholi y sont exposées en majesté. Ce nouveau musée a-t-il déjà changé la donne pour les artistes et les galeristes en Afrique du Sud ?

C’est magnifique qu’il y ait un musée comme le Zeitz Mocaa en Afrique du Sud et tout le monde le soutient. Mais on a besoin encore plus de musées comme celui-là en Afrique du Sud. On espère que le musée Zeitz va déclencher une dynamique. On observe déjà une arrivée massive de touristes et de fans de la culture qui viennent pour visiter cette institution. Une fois sur place, ils réalisent que l’Afrique du Sud offre beaucoup plus que Zeitz Mocaa.

Le marché de l’art est-il plus dynamique qu’avant ?

On a toujours eu un intérêt soutenu de la part d’acheteurs et de collectionneurs, mais ces dernières années on a effectivement enregistré une augmentation intense. Ceci dit, le musée Zeitz n’a pas provoqué un changement radical. Il y a de plus en plus de gens, mais pas seulement à cause du musée Zeitz. Néanmoins, c’est juste, il y a des gens qui viennent pour le musée Zeitz et viennent ensuite chez nous.

Paris Photo, du 9 au 12 novembre au Grand Palais, Paris.

“Rue Dr Theze, Dakar”, 2017. From the series ‘Museum of the Revolution’. Archival pigment ink on cotton paper. Guy Tillim. Courtesy of Stevenson, Cape Town and Johannesburg

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