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Photographie Changement climatique Environnement Russie

Publié le • Modifié le

Réchauffement climatique: Vlad Sokhin, Visa d’or de l’information numérique

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Le photographe Vlad Sokhin à Visa pour l'image à Perpignan, le 7 septembre 2017. RFI/Anthony Ravera

Le Visa d’or de l’information numérique Franceinfo, dont France Médias Monde est partenaire, a été remis au photographe russe Vlad Sokhin jeudi 7 septembre à Perpignan. « Warm Waters : Kamchatka », son enquête sur les conséquences du réchauffement climatique dans cette région, a été publiée sur le site d’information russe Takie Dela.


« Quand on parle de réchauffement climatique, les Russes plaisantent souvent du fait que l’on pourra cultiver des bananes dans la taïga et se promener en short l’hiver, mais pour l’extrême-orient de la Russie le changement climatique est déjà un problème tout à fait réel », peut-on lire en préambule de Warm Waters : Kamchatka.

Les conséquences du réchauffement climatique sont déjà là. Il est urgent d’agir. C’est ce que s’attache à montrer Vlad Sokhin depuis qu’il en a fait le sujet « principal » de ses reportages photographiques.

Avec Warm Waters : Kamchatka, qui vient de recevoir le Visa d'or de l'information numérique, le photojournaliste se penche sur une région située tout à l’est de la Russie, son pays d’origine. Baignée par la mer de Béring d’un côté, cette péninsule volcanique qui s’avance dans l’océan Pacifique est en première ligne de la montée des eaux.

« La réalité du changement climatique »

Là-bas le trentenaire a vu « la réalité du changement climatique ». « J’ai vu, raconte-t-il, la mer détruire des rues entières, des gens perdre leurs terres, l’impact sur la faune également, comme sur les lions de mer. Du fait de l’augmentation de la température, les mères ont tendance à passer plus de temps dans l’eau et ne nourrissent plus leurs petits. » Et la population n’en finit pas de se réduire. « En tant que Russe, j’étais très choqué de voir ça se produire dans mon pays », insiste-t-il.

Le projet publié par le site d’information en ligne Takie Dela narre l’histoire de ce petit coin de Russie et de ceux qui y vivent. Photos, vidéos et animations mettent en lumière l’ampleur de la menace. « Il s’agissait aussi d’emmener les gens là-bas de manière interactive, car c’est très loin et difficile d’accès. »

Une production qui s’inscrit dans un projet plus vaste entamé en 2013 : Warm Waters. Une enquête photographique sur l’impact du changement climatique sur les communautés et la faune dans les régions du Pacifique. Tuvalu, Vanuatu, Kiribati, îles Salomon, Alaska… Des territoires, insulaires ou côtiers, particulièrement vulnérables aux catastrophes naturelles.

Peia Kararaua (16 ans), dans un quartier inondé du village d’Aberao, îles Kiribati, l’un des pays les plus durement touchés par la montée du niveau des mers. © Vlad Sokhin / Cosmos / Panos Pictures / laif

Vlad Sokhin photographie les preuves de ce changement que certains voudraient croire à venir. Un travaillé commencé en Papouasie-Nouvelle-Guinée. A l’époque, le jeune photojournaliste est envoyé par un journal australien pour réaliser un reportage sur la déforestation. « J’ai pris conscience de ce qu’il se passait. A l’époque je vivais en Australie donc c’était assez facile pour moi de voyager dans la région. Donc j’ai commencé avec plusieurs agences des Nations unies et avec des ONG internationales qui m’ont donné accès à certains endroits et j’ai pu ainsi visiter la plupart des pays et territoires de l’Océanie », explique-t-il.

Des phénomènes difficiles à photographier

L’idée n'est « pas seulement montrer la montée des niveaux de la mer, mais tout ce qui découle du réchauffement climatique : l’érosion des côtes, le corail qui blanchit, les super-cyclones de catégorie 5 qui sévissent dans le Pacifique ; les sécheresses, les inondations », énumère le lauréat. Mais aussi les maladies qui se développent, comme la malaria, les chasseurs habitués à chasser sur la glace qui disparaît peu à peu, les pêcheurs qui ne peuvent plus pêcher.

Des phénomènes difficiles à photographier : « ce n’est pas comme une zone de conflit où les choses se produisent devant soi ; c’est la nature, on ne peut pas contrôler les choses, on ne peut pas prévoir les événements. Il m’arrive parfois de me rendre dans des lieux comme les Kiribatis, et sur place on s’attend à ce qu’il arrive une grosse tempête et en fait ça ne se produit pas. »

Des photos qui ne changent pas les choses, mais permettent de documenter un phénomène parfois abstrait. De montrer, espère Vlad Sokhin.

Le photographe, installé à Dakar depuis quelques mois, envisage à présent de poursuivre le projet sur le continent africain, au Sénégal, ou au Sierra Leone où les intempéries ont fait des centaines de morts le mois dernier.

Remise du Visa d'or de l'information numérique à Vlad Sokhin, le 7 septembre 2017 à Perpignan. RFI/Pierre René-Worms

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