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Cannes 2017 Cinéma Mexique

Publié le • Modifié le

«Carne y arena»: être un immigrant clandestin en réalité virtuelle

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« Carne y arena », une expérience en réalité virtuelle conçue par le réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu. Emmanuel LUBEZKI

Se mettre dans la peau d’un immigrant clandestin à la frontière mexicano-américaine, c’est une expérience inédite que vous propose de vivre au Festival de Cannes le réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu avec une installation de réalité virtuelle intitulée « Carne y arena ».


Une expérience inédite et rare, proposée dans le cadre des célébrations du 70e anniversaire du Festival de Cannes. En tout, sur la durée du festival, seules 500 personnes pourront la vivre. Il fallait s’inscrire sur un site dédié et nombreux sont ceux qui ne pourront pas l’expérimenter parmi les 4 500 journalistes accrédités.

Rendez-vous est donné à la gare maritime de Cannes, à côté du Palais des festivals. Un chauffeur vous conduit à l’aérodrome de Mandelieu, à quelques kilomètres de là. On pénètre dans un hangar blanc. On signe une décharge en cas de malaise ou d’épilepsie puis on touche un bout de clôture en tôle, celle qui séparait les Etats-Unis du Mexique avant que ne soit construit un mur en béton. On entre ensuite dans une antichambre blanche. Sous les bancs, des chaussures. Celles qu’ont oubliées dans leur fuite dans le désert de Sonora des clandestins. On nous demande ensuite de nous déchausser à notre tour. L’expérience peut alors commencer…

Un effet de sidération

Passée une porte en métal, on pénètre dans une grande salle plongée dans l’obscurité. On marche pieds nus sur du sable rapporté du désert. Trois personnes vous équipent d’un sac à dos, et du casque et des capteurs de réalité virtuelle. Pas la peine de courir vous préviennent-ils… Et si jamais on frôle un mur, ils vous tireront par le sac. Quand le film commence, on se trouve dans le désert à l’aube.

L’effet de sidération est impressionnant : on sent une brise du vent sur la peau, on peut se déplacer sans toutefois interagir avec les personnages, et quand un hélicoptère apparaît dans le ciel ou se pose, on entend les pâles vrombir, on sent le sable tournoyer. Surgissent des migrants mal en point, assoiffés. Si le décor provient d’images réelles, les protagonistes, eux ressemblent plus à des personnages de jeu vidéo. Un hélicoptère tournoie dans le ciel, des policiers débarquent et les arrêtent sans ménagement. Ils parlent en anglais et en espagnol.

Une expérience très personnelle et inédite

On peut se déplacer dans la scène, rester spectateur, vivre intensément les séquences côté clandestins ou côté policiers. Je suis restée au milieu de la scène en observation, mais je sais que certains ont pu ramper, se sont cachés derrière des buissons, ou sont sortis en larmes. Je me suis quand même agenouillée à la fin, une fois mise en joue par un policier…

Une fois l’expérience finie, l’expérience n’est pas terminée, car à la sortie de la salle, on peut voir des petits films présentant les personnages que l’on a croisés, leur périple pour fuir le Guatemala et la violence des gangs, les épreuves dans une prison américaine ou leur combat au quotidien pour survivre aux Etats-Unis ou obtenir des papiers.

« Carne y arena » (« Virtually present, physically invisible »), une installation cinématographique en réalité virtuelle du réalisateur oscarisé Alejandro Gonzalez Inarritu, en sélection officielle du Festival de Cannes. Alejandro Gonzalez Inarritu

► Après le Festival de Cannes, Carne y arena sera présentée à la Fondation Prada à Milan jusqu’en janvier prochain.
► Lire : La réalité virtuelle anoblie par le Festival de Cannes 2017
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