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Culture France Arts Plastiques

Publié le • Modifié le

Raoul Dufy, «Le Bonheur de vivre» d’un artiste inclassable

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Raoul Dufy, Autoportrait, Huile sur toile, 46,3 x 37,8 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn © ADAGP, Paris 2017

C’est l’un des artistes les plus prolifiques de tous les temps. De la peinture à la haute couture, en passant par la céramique, la tapisserie et le théâtre, le Normand Raoul Dufy (1877-1953) a su s’affranchir des académismes en utilisant tous les supports. Le Palais Lumière d'Evian au bord du lac Léman dans l'est de la France a réuni quelque 200 œuvres de cet artiste inclassable pour lui consacrer une grande rétrospective à son image intitulée « Le Bonheur de vivre ». 


Fantaisie, légèreté et joie de vivre, rien dans l'œuvre de Raoul Dufy ne laisse présager la vraie nature de cet artiste qui célèbre les femmes, le soleil et la mer à travers une palette des plus colorées.

« C’est un homme extrêmement mélancolique qui a une sorte de tristesse dans le regard, avance Olivier Le Bihan, commissaire de l'exposition. En même temps, une grande gentillesse. Un regard bleu, une peau un peu rose, un visage doux. C’est quelqu'un d’effacé. Il a mis son talent au service de très grands créateurs de mode comme Paul Poiret, le théâtre, surtout la scène parisienne. À l’époque, il est reconnu comme un artiste de réputation internationale comme Matisse, comme Picasso. »

Raoul Dufy et une toile fauve de Matisse

Issu d'une famille modeste de neuf enfants, Raoul Dufy commence à travailler au port du Havre avant de se lancer dans des études aux Beaux-Arts de Paris. Il goûte à l'impressionnisme, se cherche à travers le réalisme, le cubisme, mais la révélation lui vient avec une toile fauve de Matisse : Le bonheur de vivre.

« C’est un artiste qui ne peint finalement que l’image positive du monde moderne – à la différence de Picasso qui est ancré, en 1937, dans l’évocation des horreurs de la guerre. Et à côté, La Fée Électricité, c’est le bonheur de tous les agréments de la vie moderne qui est mis en valeur. »

Raoul Dufy, Nageuse rouge, vers 1925. Huile sur cyanotypes contrecollés sur papier marouflé sur toile, 58,7 x 75 cm ©Centre Pompidou, MNAM-CCI/RMN-Grand Palais ©ADAGP, Paris 2017

Entre féerie et réalisme

Réalisée pour l'exposition universelle de 1937 à Paris, cette fresque de 600 mètres carrés convoque une centaine de savants et penseurs - d'Aristote à Edison - qui ont contribué à l'invention de l'électricité. Ce chef-d’œuvre entre féerie et réalisme reste aussi singulier dans l'histoire de l'art que l'invention de ses jardins de salon en céramique.

« Avec un potier et un architecte, ils vont créer des objets étonnants à mi-chemin entre le bonsaï japonais et la tradition des maquettes d’architectures occidentales : une sorte de jardinières qui aujourd’hui ont une très grande valeur, très recherchées. »

D’inspiration africaine et intemporelle

« La vie ne m'a pas toujours souri, mais j'ai souri à la vie », dit celui qui, souffrant d'une polyarthrite, apprend à peindre des deux mains. Il laisse une œuvre tellement foisonnante qu'elle suscite la critique, car Raoul Dufy touche à tout, y compris à la tapisserie et la décoration d'intérieur. Ses créations de tissus n'ont pourtant jamais cessé de séduire les couturiers de Chanel à Lacroix. D'inspiration africaine, orientale ou géométrique, elles sont toujours commercialisées, intemporelles, affichant une inventivité joyeuse et colorée, le bonheur de vivre

Raoul Dufy, Le Bel Été, 1941-1942. Tapisserie d’Aubusson, 247 x 224 cm. © MuMa Le Havre - Jean-Louis Coquerel © ADAGP, Paris 2017

Raoul Dufy, le bonheur de vivre, une exposition colorée d'un artiste très complet, à découvrir jusqu'au 6 juin au Palais Lumière d'Evian.

 

Chronologie et chiffres clés