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Commonwealth Rwanda

Publié le • Modifié le

Le Rwanda dans le Commonwealth

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La Reine d’Angleterre Elisabeth II (C) entourée des chefs d’Etat et de gouvernement lors de la réunion du Commonwealth, à Port of Spain, le 27 novembre 2009. Reuters/Carlos Barria

Le Rwanda, de tradition francophone, est pourtant devenu officiellement ce dimanche le 54e membre du Commonwealth, organisation qui réunit en majorité les anciennes colonies britanniques. En réponse, la présidence française vient d'annoncer dans un communiqué que Paris rétablissait les relations diplomatiques avec Kigali.


C'est une indéniable victoire pour le président rwandais qui n'a pas ménagé ses efforts ces dernières années pour convaincre la grande famille anglophone de l'accueillir dans ses rangs. Le principe de l'adhésion avait été retenu il y a deux ans mais à l'époque le débat acharné entre partisans et adversaires de cette entrée du Rwanda avait repoussé la décision.

En juillet dernier, un rapport de la commission des droits de l'Homme du Commonwealth estimait toujours que les libertés publiques étaient restreintes au Rwanda, au point de créer un climat de peur dans le pays. Mais hier les partisans l'ont visiblement emporté.

Le Rwanda devient donc le 54e Etat du Commonwealth, organisation qui regroupe pour une grande part les anciennes colonies britanniques. Paul Kagame, anglophone convaincu, qui a d'ailleurs fait adopter l'anglais comme langue officielle dans son pays, souhaitait depuis longtemps tourner le dos à la francophonie et à la sphère d'influence française.

Le président rwandais Paul Kagame (g) et son homologue congolais Joseph Kabila, à Goma, le 6 août 2009. Reuters/John Kanyunyu

Après le génocide de 1994 et l'arrivée au pouvoir de Paul Kagame qui accuse la France de complicité avec les génocidaires, les relations entre Paris et Kigali ont été difficiles. Elles se sont encore détériorées il y a trois ans, lorsqu'un juge français a lancé des mandats d'arrêt contre neuf proches du président rwandais, neuf proches soupçonnés d'être impliqués dans l'attentat d'avril 1994 contre le président Habiarymana. Kigali avait aussitôt rompu ses relations diplomatiques avec la France. Jusqu’à ce dimanche, quand, suite à l’annonce de l’intégration au sein du Commonwealth, Paris, dans un communiqué, a déclaré avoir renoué les relations avec Kigali.

Réaction de la Grande-Bretagne

Avec notre correspondant à Londres, Adrien Moss

En adhérant à la communauté dirigée par la reine Elizabeth II, Kigali fait un pas de plus et un pas de taille, il faut le dire vers le monde anglophone. Même si on ne le dira pas officiellement, il y a sans aucun doute quelque chose d’anti-français dans cet accueil à bras ouverts d’un pays qui a un grave contentieux avec la France depuis le génocide de 94.

D’ailleurs, la BBC diffusait récemment un reportage sur les écoles rwandaises où des professeurs essayaient de faire passer à l’anglais des élèves dont la langue maternelle était le français. Et ce n’est pas facile.

On peut donc dire que cette adhésion est un épisode du combat entre la francophonie et « tout anglais planétaire». Il y a d’ailleurs d’autres pays qui frappent à la porte du Commonwealth : le Yémen, le Soudan, mais aussi deux bastions de la francophonie : Madagascar et l’Algérie.

Cette nouvelle de l’admission du Rwanda était attendue puisqu’elle avait le soutien des plus grands pays de l’organisation, le Canada, l’Australie, l’Inde et de son voisin ougandais. Cette admission, à l’étude depuis le mois de juin, ne faisait pas de doute.

Après le Mozambique, le Rwanda est seulement le deuxième pays qui n’avait pas fait partie de l’immense empire colonial britannique à entrer dans cette organisation qui est si chère au cœur d’Elizabeth II.

Cette entrée du Rwanda avait été fortement critiquée par une commission de défense des droits de l’homme dans le Commonwealth, dans un rapport publié ici à Londres avant le sommet de Trinitad-et-Tobago. Cette organisation demandait au chef du gouvernement britannique de rejeter la candidature du Rwanda. Elle dénonçait les graves atteintes à la gouvernance du régime de Paul Kagame dont le conseiller spécial, sur les questions interethniques, est un certain Tony Blair, l’ancien Premier ministre britannique.
 

 

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