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Corée du Sud Japon Commerce et Echanges Histoire

Publié le • Modifié le

Le témoignage d’une Coréenne victime de travail forcé fait pression sur Tokyo

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Une statue symbolisant les «femmes de réconfort» qui ont été forcées de travailler dans des maisons closes de l'armée japonaise pendant la guerre. Photo prise à Nagoya, le 3 août 2019. Kyodo via REUTERS

En Corée du Sud, une femme victime de travail forcé au Japon pendant la Seconde Guerre mondiale a décidé de raconter publiquement son histoire. Un témoignage qui survient alors que la question des réparations pour les centaines de milliers de Coréens victimes de travail forcé est au cœur de la guerre commerciale qui s’aggrave entre la Corée du Sud et l’ancien occupant colonial nippon ces dernières semaines. Tokyo considère que cette question a été réglée par un traité signé en 1965, mais un tribunal coréen a condamné des entreprises japonaises à verser des indemnités. Le Japon a répondu par des représailles économiques.


Avec notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias

Kim Jeong-ju, 87 ans, est en colère. Cette Coréenne avait 14 ans quand elle a été envoyée travailler de force dans une aciérie au Japon. Elle raconte son expérience devant toute la presse étrangère à Séoul.

« Quand ma sœur et moi avons été envoyées au Japon, on nous avait promis que nous irions au collège et au lycée. Mais en fait j’ai été envoyée travailler dans l’usine d’une entreprise appelée Fujikoshi. J’avais tellement faim, tout le temps (pleurs). J’étais une esclave. La nuit, nous avions tellement peur des bombardements aériens que nous gardions nos chaussures pour être prêtes à fuir si nécessaire (colère). Mais aujourd’hui, le Premier ministre japonais Shinzo Abe refuse de reconnaître que nous étions des esclaves. Je veux ses excuses. J’exige aussi des réparations. »

À lire aussi : Kim Bok-dong, 87 ans et ex-«femme de réconfort», attend des excuses officielles du Japon

Le timing de cette conférence de presse n’a pas été choisi au hasard : alors que les querelles historiques entre la Corée et le Japon s’enveniment et s’accompagnent de représailles commerciales grandissantes, les Coréens victimes de travail forcé veulent rappeler qu’ils ne doivent pas être oubliés. Ils veulent montrer que l’Histoire est de leur côté et ils cherchent à faire pression sur Tokyo.

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