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Inde Pakistan Droits de l’homme Cachemire

Publié le • Modifié le

Inde: un rapport de défenseurs des droits humains dénonce «le Cachemire en cage»

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La militante Kavita Krishnan (au centre) lors de la conférence de presse de la délégation de défenseurs des droits humains revenus du Cachemire, le 14 août à New Delhi. REUTERS/Anushree Fadnavis

Une délégation composée de défenseurs des droits de l’homme, de militants politiques de gauche et de l’économiste indien d’origine belge Jean Drèze, revenue du Cachemire mardi, a publié un rapport sur la situation alarmante dans l’Etat après la perte du statut d’autonomie, révoqué par New Delhi.


Avec notre correspondant à New Delhi, Antoine Guinard

Les quatre membres de cette délégation, qui ont parcouru la région pendant cinq jours et discuté avec ses habitants, peignent un tableau sombre, qui contraste fortement avec la version du gouvernement indien.

C’est ainsi un rapport de dix pages intitulé « Le Cachemire en cage » que la délégation a présenté lors d’une conférence de presse à New Delhi ce jeudi. Ses auteurs y dénoncent la colère de l’écrasante majorité des Cachemiriens qu’ils ont rencontrés, aprèsla révocation de l’article 370 de la Constitution indienne qui donnait au Cachemire un statut spécial d’autonomie.

Présence militaire

Ils évoquent également la répression, avec pratiquement un militaire pour dix habitants dans la région, et le black-out des médias, parfois complices du gouvernement.

Pour l’économiste Jean Drèze, un des membres de la délégation, la présence militaire vise avant tout a instaurer un climat de peur au sein de la population locale. « Le but de cette présence militaire n’est pas d’arrêter des terroristes ou de défendre la frontière contre une attaque du Pakistan. L’objectif principal est de contrôler la population locale et d’éviter toute manifestation, aussi pacifique soit-elle. »

Sentiment de colère

Le tableau dépeint par la militante Kavita Krishnan est tout aussi inquiétant. « La colère est immense dans la région, nous n’avons pas rencontré une seule personne hormis un porte-parole du BJP [le parti au pouvoir, ndlr] à Jammu qui soit en faveur de cette décision. Et ce sentiment de colère est exacerbé par les médias qui affirment que tout va bien, alors que c’est l’enfer ! Il y a un sentiment d’emprisonnement et les gens ont l’interdiction de s’exprimer. La situation est extrêmement morose là-bas… »

« En tant que militante pour les droits des femmes, je voudrais ajouter que les affirmations que ces mesures vont libérer les femmes de la région sont totalement fausses, insiste Kavita Krishnan. Il y a une histoire forte au Cachemire, tout le monde nous donnait des leçons d’histoire, et nous expliquait que l’article 370 était le pont entre l’Inde et le Cachemire, que ce pont avait été détruit, et que ça aurait de graves conséquences. »

Jean Drèze et ses partenaires ont récolté de précieux témoignages de Cachemiriens qui affirment vivre actuellement dans une prison à ciel ouvert. La délégation a également publié sur YouTube une vidéo de neuf minutes tournée lors de son déplacement au Cachemire. Une compilation d’images et de témoignages anonymes, qui vient corroborer le contenu de leur rapport.

Chronologie et chiffres clés