rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

Hong Kong Chine

Publié le • Modifié le

Hong Kong: retour au calme à l'aéroport au lendemain des heurts

media
Au fil des heures les manifestants qui avaient dormi ds l'aéroport se sont réunis ds grand rectangle affiches et mots. C. Paget/RFI

L'aéroport de Hong Kong a retrouvé mercredi matin une activité normale au lendemain d'une deuxième journée de chaos et d'affrontements entre policiers et manifestants pro-démocratie, alors que Pékin accentue ses menaces d'intervention.


Les vols au départ ont repris normalement mercredi matin et les guichets d'enregistrement fonctionnaient alors que la grande majorité des protestataires ont quitté l'aéroport - une poignée est restée sur place, dormant sur les lieux. Il ne reste désormais plus qu'un petit groupe de manifestants, qui se sont réunis dans un grand rectangle où sont placardées leurs revendications.

La soirée a été mouvementée. Des policiers ont fait usage de gaz poivre, alors qu'ils escortaient un homme évacué par ambulance de l'aéroport, dénoncé par les manifestants comme étant un policier infiltré. Leur fourgon s'est retrouvé bloqué par quelques centaines de manifestants radicaux. Les policiers en sont alors sortis pour dégager la voie, pulvérisant du gaz et arrêtant au moins deux personnes.

Poursuivre le combat

« La colère aurait dû retomber pendant la journée d’hier, mais ce que la police a fait la nuit dernière l’a relancé, s’indigne Saph, une manifestante sur place depuis lundi. Plusieurs des nôtres ont été arrêtés, parce qu’un policier chinois s’est infiltré parmi nous dans l’aéroport, déguisé en manifestant. C’est inacceptable, il essayait de nous prendre en photo, d’initier des disputes entre nous, nous pousser à empêcher les voyageurs de s’enregistrer à l’aéroport, alors que nous ne faisons pas ça, pour ne pas affecter les innocents, les civils. »

le 14 août 2019, au lendemain d'une journée de contestation et de blocage à l'aéroport, une poignée de contestataires dorment sur place. C. Paget/RFI

Elle entend donc poursuivre le combat s'il le faut. « Avant, je pensais que la manifestation se terminerait aujourd’hui, mais la nuit dernière, lorsqu’ils ont exfiltré le policier chinois, un policier a attrapé une des nôtres. Nous sommes venus à son secours pour la dégager. Ce policier a utilisé sa bombe de gaz poivre, son bâton, et il a même dégainé son arme, vers nous, vers le public, dans le terminal 1 de l’aéroport international ! C’est inacceptable. Ça nous a vraiment mis en colère, et motivé pour monter encore d’un cran dans notre combat. »

Peu après, un autre homme a été évacué en ambulance, après avoir été battu par un petit groupe l'accusant d'être un espion. Le Global Times, quotidien officiel chinois, a indiqué qu'il s'agissait d'un de ses journalistes.

Mobilisation sans précédent

Au cinquième jour d'une mobilisation sans précédent à l'aéroport, les contestataires ont obstrué les allées et les passages conduisant aux zones d'embarquement. En réaction, les autorités aéroportuaires ont annulé les enregistrements pour tous les vols prévus à partir du milieu de l'après-midi.

Mardi, tandis que des dizaines de milliers de passagers étaient pénalisés par cette nouvelle action contestataire, la Chine a accentué la menace d'une intervention, au travers de vidéos diffusées par ses médias officiels montrant des forces se massant à la frontière de la région semi-autonome.

« Des obstructions évidentes »

Dans le même temps, Choi Tsz Wan, avocat hongkongais qui s’occupe de manifestants arrêtés explique à notre envoyé spécial, Christophe Paget, que les autorités utilisent de nombreux moyens pour les empêcher défendre leurs clients.

« Les personnes arrêtées sont transférées dans des centres de détention très éloignés. Quand nous y arrivons enfin, on nous dit d’appeler l’officier de garde, sans pour autant nous donner son numéro. Quand on arrive à l’obtenir, il faut appeler des dizaines de fois avant qu’il ne réponde. Et notre équipe attend trois, quatre heures devant le centre de détention. Enfin, quand nous parvenons à y rentrer, le garde nous explique qu’il n’y a qu’une seule pièce pour rencontrer plus de 30 détenus. Chaque avocat doit attendre son tour. Et quand nous les rencontrons enfin, ils ont déjà signé des documents… »

Pour Choi Tsz Wan, le message est clair. Les autorités hongkongaises font ici des « obstructions évidentes au droit des personnes arrêtées » et souhaitent casser les manifestations : « le fait qu’ils arrêtent des gens en masse, y compris de simples habitants des quartiers venus voire les manifestations signifie : ne manifestez plus, ne soutenez pas les manifestants : arrêtez tout ça, nous pouvons faire ce que nous voulons. »

Chronologie et chiffres clés