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Inde Narendra Damodardas Modi Cachemire

Publié le • Modifié le

L'autonomie du Cachemire, un obstacle aux investissements privés dans la région?

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Un habitant du Cachemire sort d'une mosquée après la prière du vendredi, sous haute surveillance des forces de l'ordre indiennes, le 9 août 2019 à Jammu. REUTERS/Mukesh Gupta

Jeudi 8 août 2019, le Premier ministre indien s’est exprimé pour la première fois depuis le début de la crise au Cachemire. Narendra Modi a assuré que la fin de l’autonomie, élément déclencheur de la crise, allait ouvrir la région à de nouveaux investissements et accélérer la croissance économique sur place. Pour certains connaisseurs de la région, cette affirmation est un peu trop optimiste.


Avec notre correspondant à New Delhi,  Sébastien Farcis

En Inde, cela fait cinq jours que le gouvernement a annoncé l’abrogation de l’autonomie du Cachemire. Cinq jours que les habitants de cette région vivent sous un couvre-feu militaire sévère et sont quasiment coupés du monde.

Le téléphone et internet ne fonctionnent pas. Le gouvernement a annoncé qu’il allait progressivement rétablir les communications dans la région musulmane, avant l’Aïd, lundi. Mais cela n’a pas encore eu d’effets notables.

► À lire aussi : Modi justifie sa démarche autoritaire au sujet du Cachemire

Depuis le début de la semaine, New Delhi affirme que le statut d’autonomie du Cachemire, dont le gouvernement indien a annoncé la fin brutale, était un obstacle aux investissements privés dans la région. Argumentaire repris par le Premier ministre jeudi soir lors d'une adresse à la nation.

Pourtant, selon Omair Ahmad, chercheur spécialisé sur le Cachemire et l’islam indien, ce ne sont pas les problèmes administratifs qui ont empêché ces investissements jusqu'ici.

« En 2009, le café de la chaîne Coffee Day de Srinagar au Cachemire, enregistrait les plus importants revenus de tout le groupe dans le nord de l’Inde. Le groupe Taj a également acheté une belle propriété à Srinagar. Ils n’ont pas eu de problèmes administratifs », nous rappelle Omair Ahmad.

Aux yeux de ce dernier, si les affaires ne sont pas bonnes au Cachemire, c'est tout simplement parce que « personne ne veut investir dans une région en conflit ».

Ce qui est sûr, c’est que cette réforme permet à New Delhi d'obtenir un contrôle plus direct sur les affaires du Cachemire. Et le gouvernement pourra ainsi lancer des plans de grands travaux publics et subventionner certains secteurs.

De quoi effectivement dynamiser potentiellement la croissance à court terme. Mais les investisseurs privés, eux, ne viendront qu'après, si la révolte séparatiste se tarit.

► À lire aussi : Les conséquences de la démarche autoritaire de New Delhi
 

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