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Corée du Sud Donald Trump Corée du Nord Kim Jong-un États-Unis Moon Jae-in

Publié le • Modifié le

Rencontre historique entre Trump et Kim à la frontière intercoréenne

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Le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à la frontière entre les deux Corées, le 30 juin 2019. AFP/Brendan Smialowski

Donald Trump est entré à pied en Corée du Nord ce 30 juin, pour quelques pas historiques avec le dirigeant de ce pays, Kim Jong-un. L'annonce de cette rencontre avait été faite un peu auparavant par le président américain et son homologue sud-coréen, Moon Jae-in, qui participe également à l'événement. Premier résultat tangible de ce rendez-vous : l'annonce de la reprise des pourparlers avec Pyongyang.


Avec notre correspondant régional, Frédéric Ojardias

La simple « poignée de main » suggérée en marge du G20 par Donald Trump s’est transformée en un véritable sommet : près d’une heure de discussions entre le président américain, le dirigeant nord-coréen, et le président sud-coréen. Donald Trump a donc réussi son coup : il s’est fait prendre en photo avec Kim Jong-un du côté nord de la frontière, il a invité le « leader suprême » nord-coréen à la Maison Blanche. Tout n’était que sourires et déclarations de bonnes intentions.

En franchissant la frontière, le président américain Donald Trump a déclaré : « C'est un grand jour pour le monde ». Et d'ajouter qu'il « invitait » Kim Jong-un à la Maison Blanche. « Cela signifie que nous voulons mettre un terme à un passé fâcheux et essayer de créer un avenir nouveau. Passer par-dessus la ligne était un grand honneur ».

De son côté, Kim Jong-un a dit espérer « surmonter les barrières » par ses liens avec Trump. « Le fait que les deux pays, en dépit d'une longue relation d'hostilité, aient pu se serrer la main pour la paix à l'endroit qui symbolise la division démontre que le présent est meilleur que le passé », a-t-il déclaré. Les deux hommes ont ensuite retrouvé le président sud-coréen, Moon Jae-in, pour des discussions dans un bâtiment situé au côté sud de la frontière. Donald Trump a depuis quitté Séoul pour regagner Washington à bord d'Air Force One.

Le président américain franchit la frontière entre les deux Corées au niveau de Panmunjom, ce 30 juin 2019. Brendan Smialowski / AFP

Le déroulé très théâtralisé de la rencontre

Donald Trump est arrivé côté sud. Il a marché en direction de la frontière, entre ces deux bâtiments couleur bleue ciel qui sont à cheval sur la marche en béton qui indique la ligne de démarcation. Face à cette ligne, Donald Trump a attendu quelques secondes tandis qu’arrivait Kim Jong-un côté nord.

L'annonce de cette rencontre avait été effectuée un peu auparavant lors d'une conférence de presse conjointe entre le président sud-coréen Moon Jae-in et Donald Trump. « Nous allons dans la zone démilitarisée (DMZ) et je vais rencontrer le président Kim. Je m'en réjouis beaucoup », a déclaré Donald Trump, qui avait lancé la veille une invitation de dernière minute au dirigeant nord-coréen à venir lui serrer la main et lui dire « bonjour », dans un tweet publié ce 29 juin en marge du sommet du G20 à Osaka.

La relance des négociations

Jamais aucun président américain avant lui n'avait foulé le sol de la Corée du Nord. Mais, à l'exception de George Bush, tous les présidents américains ont effectué une visite chargée de symboles sur la DMZ. Donald Trump aurait dû sacrifier à la tradition lors d'une première visite en Corée du Sud en 2017, mais le brouillard avait empêché son hélicoptère d'atterrir. Kim Jong-un lui-même avait traversé la frontière l'an dernier lors de son premier sommet sur la DMZ avec son homologue sud-coréen.

La zone démilitarisée (DMZ), côté sud-coréen. La DMZ, l’un des derniers vestiges de la guerre froide, sépare la Corée du Nord de la Corée du Sud. Les soldats des deux camps se regardent en chiens de faïence, séparés à peine d'une dizaine de mètres. Kèoprasith Souvannavong / RFI

Il s'agit du troisième sommet entre les deux hommes depuis leur rencontre historique de Singapour en juin 2018. Mais le rapprochement entre les deux pays semblait ces derniers mois dans l'ornière depuis l'échec du deuxième sommet Trump-Kim, au Vietnam. Cette rencontre est donc clairement un signe positif. Cette poignée de main sur un site qui incarne sept décennies d’hostilités représente un symbole très fort en termes de diplomatie.

La rencontre n’a pas été préparée et les deux camps restent campés sur leur position. Pyongyang demande l’allègement de certaines sanctions en échange de mesures partielles de dénucléarisation, tandis que Washington exige une dénucléarisation complète.

À l’issue du sommet, le président américain a assuré que les négociateurs des deux camps allaient se rencontrer d’ici deux ou trois semaines pour reprendre leurs pourparlers nucléaires. Il s'agit d'un pas dans la bonne direction. Cela signifie que Pyongyang est prêt à reprendre ces discussions interrompues depuis février.

Cet espoir est exprimé par Moon Jae-in, qui a parlé « d’événement historique ». Les progressistes sud-coréens estiment en effet que le seul moyen de résoudre un jour la crise nucléaire est de multiplier les échanges de ce type avec la Corée du Nord. Mais Mintaro Oba, un ancien diplomate américain, parle de « diplomatie du défibrillateur » : Donald Trump maintient en vie le processus de dialogue à travers des coups d’éclats. Le problème est que ni lui ni Kim Jong-un ne semblent prêts à faire les compromis nécessaires pour résoudre fondamentalement la crise nucléaire.

Ce 30 juin à Séoul, les chaînes d'information diffusent en direct chaque détail du nouveau sommet entre Trump et Kim Jong-un. REUTERS/Kim Hong-Ji
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