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Vietnam Justice Droits de l’homme

Publié le • Modifié le

Au Vietnam, un Américain condamné à 12 ans de prison pour «subversion»

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Michael Nguyen à son arrivée au tribunal de Hô Chi Minh-Ville, le 24 juin 2019. REUTERS

Un Américain d'origine vietnamienne, détenu depuis près d'un an pour tentative de renverser le pouvoir au Vietnam, a été condamné ce lundi 24 juin à douze ans de prison.


Michael Nguyen risquait la peine de mort ; il a finalement écopé de 12 ans de prison. Lors du procès expéditif qui s'est tenu à Ho Chi Minh-Ville, la capitale économique, ce citoyen américain d'origine vietnamienne de 55 ans a été reconnu coupable, avec ses deux coaccusés, d'avoir incité à des manifestations antigouvernementales et d'avoir planifié des attaques au cocktail Molotov notamment contre des bâtiments publics à Hanoï et Ho-Chi-Minh-Ville. Cela faisait presque un an qu'il était incarcéré dans l'attente du procès.

Ce père de quatre enfants s'était installé aux États-Unis à la fin de la guerre du Vietnam en 1975, fuyant comme plus d'un million de Vietnamiens le gouvernement communiste qui venait de prendre le contrôle du pays. Il a été arrêté l'été dernier dans le sud du Vietnam, en compagnie de deux militants. Tran Long Phi et Huynh Duc Thanh Binh ont quant à eux été condamnés à 8 et 10 ans de prison.

En juin 2018, un autre citoyen américain, Will Nguyen, avait été arrêté dans le pays pour « atteinte à l'ordre public » après s'être joint à des manifestations contre un projet de loi controversé créant des zones économiques spéciales. Il avait finalement été expulsé vers les États-Unis.

Malgré la mise en oeuvre d'importantes réformes économiques et un climat d'ouverture aux changements sociaux, le parti communiste vietnamien continue de régner en maître absolu sur le pays en appliquant une censure très stricte sur les médias et en réprimant les opposants, en particulier depuis les législatives de 2016. Des avocats, des militants et des journalistes jugés trop critiques envers le régime et la répression sont régulièrement emprisonnés. Depuis 2016, au moins 130 prisonniers de conscience languissent derrière les barreaux au Vietnam.