rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

Hong Kong Chine Carrie Lam Justice

Publié le • Modifié le

Hong Kong: encore énormément de monde dans les rues contre les extraditions

media
Manifestation gigantesque à Hong Kong ce dimanche 16 juin 2019 pour exiger le retrait total du projet de loi sur les extraditions. REUTERS/Jorge Silva

À Hong Kong, le projet de loi sur les extraditions est suspendu, mais pas enterré. Nuance importante, puisque les manifestants poursuivent donc leur combat pour faire retirer définitivement ce texte controversé. Des centaines de milliers de personnes étaient attendues dans la rue ce dimanche 16 juin. Elles ont répondu présentes. Une marée humaine a déferlé ce dimanche sur la ville.


Dans le quartier de Causeway Bay, d'où est partie la marche ce dimanche, rien n'avait encore commencé que les rues étaient déjà noires de monde, commente notre envoyé spécial sur place, Stéphane Lagarde. Et ce n’est pas un abus de langage, précise-t-il, car après le blanc de dimanche dernier, tout le monde portait des vêtements noirs en signe de mécontentement face au gouvernement.

Le défilé était censé se dérouler dans le calme, mais sur place, très vite, il est devenu difficile de progresser. Le métro était bondé comme à une heure de pointe, mais un dimanche. La sortie du parc Victoria, d’où devait s’élancer la marche, était inaccessible en raison de la foule. Dans les rangs, particularité : de très, très jeunes manifestants. Des adolescents, des lycéens, des étudiants...

Candy a 33 ans pour sa part. Elle est designer. « Le sentiment qui domine cette fois, c’est l’inquiètude. Elle est née après avoir vu la violence policière lors de la dernière manifestation. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être entourée de pleurs silencieux. En marchant, je sentais que les gens n’étaient pas foncièrement en colère, bizzarement, mais silencieusement déterminés », confie-t-elle.

Et d'ajouter : « On veut que l’on nous rende notre identité. On veut que le gouvernement entende que ce qu'a fait la police, attaquer des citoyens, c'est mal, c’est tout simplement moralement mal. Quant à la polémique sur le plan politique autour du projet de loi, il y a tellement de théories qui circulent... nous les citoyens normaux on ne saura sans doute jamais ce qui se passe en coulisses. »

Hong Kong, dimanche 16 juin 2019. REUTERS/Tyrone Siu

Tous demandent le retrait total du projet de loi sur les extraditions, qui fait craindre une mainmise de Pékin sur la justice hongkongaise (voir encadré). Ce que veulent les organisateurs, c’est une garantie que cette loi ne reviendra jamais ; ils estiment que par le passé, le gouvernement a fait des promesses non tenues et qu’ils ne peuvent pas se satisfaire de cette simple suspension.

La suspension n’est assortie d’aucune date butoir. Il est donc vraisemblable que le Parlement n’y reviendra pas avant longtemps, explique notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy. Mais le mouvement ne s'estompe pas. Signe : au premier étage d'un centre commercial, dans les parfumeries et les rayons beauté, vendeurs et vendeuses portaient ce dimanche des tailleurs et robes noirs.

Les protestataires ont d'autres demandes : ils veulent aussi des excuses de la police dont ils dénoncent les violences, et certains vont jusqu'à demander la démission de la cheffe de l’exécutif, Carrie Lam. En cause notamment, ses commentaires sur les manifestants, qualifiés d’émeutiers, ce qui est passible de 10 ans de prison. Les manifestants souhaitent l'abandon des poursuites.

reportage
Jusque tard hier soir, des jeunes militants habillés de noir ont distribué des tracts dans les rues de Causeway Bay 16/06/2019 - par Stéphane Lagarde Écouter

Un autre mot d’ordre a circulé sur les réseaux sociaux, demandant que les participants à cette marche viennent avec une fleur pour la déposer au pied de l’immeuble d’où un activiste est tombé samedi après-midi alors qu’il accrochait une pancarte demandant le retrait total du projet de loi, devenant ainsi tristement le premier mort dans cette crise dans l'ancienne colonie britannique.

Bon nombre de participants ont répondu à l'appel et sont venus en ville avec une fleur blanche en sa mémoire. Au début de la marche, parc Victoria, ils ont par ailleurs observé une minute de silence pour l’un des leurs. Dans les cortèges, outre la jeunesse, on aperçoit beaucoup de femmes avec des poussettes, des familles. Le parcours est le même que la semaine dernière, direction le Parlement.

À noter qu'un appel à la grève générale avait été initialement lancé pour ce lundi 17 juin dans l'ancienne colonie britannique. Mais puisqu'il n’y a plus de session au Parlement lundi et mardi pour examiner la loi, et puisque le but premier de la grève consistait à libérer les gens pour qu’ils puissent venir bloquer le Parlement, ce n’est plus nécessaire de faire grève et l’appel a donc été levé.

Chronologie et chiffres clés