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Chine Carrie Lam Justice Hong Kong

Publié le • Modifié le

Hong Kong: manifestation dimanche, grève lundi, la mobilisation se poursuit

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«Non à l'extradition vers la Chine». Hong Kong, le 13 juin 2019. REUTERS/Jorge Silva

Après un mercredi de manifestations sévèrement réprimées, une nouvelle mobilisation a eu lieu jeudi 13 juin, cette fois sans accrochage et toujours autour du Parlement local, pour continuer de dire « non » au projet de loi sur l'extradition vers la Chine dont l’examen du texte a été reporté sine die. Une nouvelle démonstration d'opposants est prévue dimanche, avant la grève générale, lundi.


Rouleaux de ruban adhésif, marqueurs et papier. C’était « atelier affiches », ce vendredi 14 juin sur les passerelles du LegCo, le Conseil législatif de Hong Kong, où ont eu lieu les affrontements de ces derniers jours.

Comme le rapporte notre envoyé spécial, Stéphane Lagarde, les murs et piliers de béton ont été recouverts de tracts, de slogans, en mandarin ou en anglais : « non à la violence », « tirez sur la loi sur l’extradition »…

Des dessins aussi, des images, comme cet index levé à l’attention de la police et du gouvernement, qui dit toute la colère d’une grande partie de la jeunesse de Hong Kong contre la loi d’extradition vers la Chine proposée par Carrie Lam.

« Certains ne mangent plus quelques jours »

Après l’immense marche de dimanche dernier, qui a rassemblé un million de personnes, puis une journée de manifestation suivie de confrontations violentes avec les forces de l’ordre mercredi, une nouvelle manifestation est prévue pour le dimanche 16 juin.

Un appel à la grève générale est également lancé pour lundi prochain. En attendant, des actions éparses sont prévues toute la journée.

Moins massives que ces derniers jours, ces dernières sont destinées à conserver une certaine mobilisation. Mobilisation également sur les réseaux sociaux.

« Sur internet, beaucoup discutent de la stratégie et préparent des actions pour ne plus se confronter directement aux policiers. Mais par exemple, certains ne mangent plus pendant quelques jours », confie une étudiante.

« D’autres, ce matin, ont publié des affiches, des slogans, pour dire aux anciens et à leurs parents de ne pas soutenir le gouvernement et de se préparer pour la grève de lundi et le nouveau rassemblement de dimanche », ajoute-t-elle.

« Il s’agit de notre futur, de nos droits »

Si la manifestation de dimanche dernier a mobilisé tous les âges de la population, c’est très clairement la jeunesse de Hong Kong qui a pris l’initiative de bloquer le Parlement dans les jours qui ont suivi.

Cette jeunesse a fait ses premières classes politiques, notamment en matière de désobéissance civile, en participant au « mouvement des parapluies » en 2014, rappelle notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy. Mais cette fois est encore plus sérieux.

« Dans le mouvement des parapluies, on ne faisait que demander le droit d’élire notre propre chef de l’exécutif. Maintenant, on demande juste de ne pas risquer d’être envoyés en Chine ! », nous confie un jeune homme.

« L’État de droit de Hong Kong doit être maintenu. Nous avons notre propre justice, nous ne voulons pas qu’on y touche », assure une jeune femme. « Il s’agit de notre futur, de nos droits dont ils nous privent. Et c’est ce pour quoi nous nous battons ! », conclut un autre étudiant.

« Nous voulons la liberté d’expression »

Les jeunes Hongkongais sont conscients de la valeur de leurs libertés, surtout par contraste à la Chine voisine, qu’ils sont censés rejoindre pleinement en 2047.

« Nous voulons la liberté d’expression, la liberté de religion et de rassemblement que nous avons à Hong Kong, mais cela n’existe pas en Chine », s'inquiète encore une étudiante rencontrée sur place.

Beaucoup pensent toutefois que le combat est perdu d’avance. Mais ils estiment de leur devoir civique d’exprimer qu’ils rejettent le futur qu’on leur impose.

RFI/Dr. Meddy
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