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Chine Hong Kong Carrie Lam

Publié le • Modifié le

Hong Kong: retour au calme après une journée de violences

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Hong Kong: la police anti-émeutes est déployée ce jeudi 13 juin 2019. REUTERS/Tyrone Siu

À Hong Kong, le projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine, qui était au coeur des manifestations de ces derniers jours, ne sera pas examiné ce jeudi. La tension est du coup un peu retombée autour du Parlement local, le Legco, où il y a eu hier de violentes charges de police sur les manifestants.


avec notre correspondante, Florence de Changy et notre envoyé spécial, Stéphane Lagarde

Sur le terrain ce jeudi, le calme est revenu et le trafic du métro a repris progressivement. La station de métro Admiralty, qui a servi hier de refuge à des milliers de manifestants et avait été fermée sur demande de la police, a rouvert.

Les quelques jeunes qui sont revenus sur place, près du Legco, ce jeudi, ont apporté non plus des casques et des masques de protection, mais des sacs poubelle pour faire le ménage à la suite des désordres d’hier. La pluie et le fait que l'examen du projet du loi au Parlement ait été reporté sine die ont découragé les manifestants.

À lire : J-P Cabestan: «Beaucoup de Hongkongais n'ont pas oublié l'échec d'il y a 5 ans»

Les discussions sont dominées par deux thèmes ce jeudi : le bilan des manifestations et la violence policière et le terme d'« émeutes », utilisé par Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif.

Le bilan des manifestations est de 70 personnes blessées, dont une jeune fille qui aurait perdu un œil. Le recours à des balles en caoutchouc et à ce qui s’appelle des bean bags, « sacs à pois », est d’après plusieurs organismes de droits de l’homme totalement disproportionné pour disperser une foule d’étudiants qui font de la désobéissance civile. Le fait que Carrie Lam, la très impopulaire cheffe de l’exécutif ait utilisé le terme d’« émeutes » a aussi choqué : dans le droit local participer à une émeute est passible de dix ans de prison. Or selon nombre d’organismes des droits de l’homme, les manifestants étaient pour la plupart non violents.

La police se justifie d'avoir employé les grands moyens

« Nous n’avons utilisé des équipements conformes aux standards internationaux » a fait savoir Stephen Lo, commissaire de police, lors d'une conférence sur le dispositif sécuritaire mis en place. Il est revenu notamment sur l’emploi de gaz au poivre ou de balles de caoutchouc, dénoncé avec force aujourd’hui par la société civile hongkongaise. Des normes respectées mais sans lésiner sur les moyens puisque la police a fait usage à 150 reprises de tirs de gaz lacrymogène, a encore précisé le commissaire de police. C’est deux fois plus que pendant tout le Mouvement des parapluies.

La conférence elle-même s'est tenue dans une ambiance un peu particulière. La plupart des confrères hongkongais présents (photographes grimpés sur des tabourets, caméramen derrière leurs caméras ou même certains rédacteurs) avaient gardé leur casque sur la tête, ou leur masque de protection sur le visage face au commissaire de police. Pour dénoncer, justement, les violences policières qu’auraient eu à subir certains des journalistes pendant les manifestations de mercredi.

Des violences policières dénoncées également trois rues plus loin sur une passerelle de béton près du siège du Legco, où tout l’après-midi, des dizaines et des dizaines de manifestants on fait un sit-in avec des pancartes « stop à la violence, n’attaquez pas la jeunesse hongkongaise ». Autant de messages adressés à la police de Hong Kong.

Si je poste quelque chose qu’il leur déplaît sur Facebook, ils peuvent m’arrêter. C’est dangereux, mais nous voulons continuer à dire la vérité.

Hong Kong: la jeunesse protestataire face à la surveillance 13/06/2019 - par Stéphane Lagarde Écouter
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