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Chine Carrie Lam Hong Kong

Publié le • Modifié le

Manifestations: les Hongkongais craignent une réduction des libertés publiques

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Manifestation du 12 juin 2019 à Hong Kong. REUTERS/Athit Perawongmetha

Face à face très tendu, mercredi 12 juin 2019 dans les rues de Hong Kong. Des dizaines de milliers de personnes se sont encore rassemblées autour du Parlement pour dire « non » à un projet de loi qui rendrait possibles des extraditions vers la Chine. Son examen a été reporté, mais les Hongkongais en réclament l'annulation. Éric Florence, directeur du Centre français d'études sur la Chine contemporaine (CEFC), basé à Hong Kong, répond aux questions de RFI.


Barricades et jets de pavés contre gaz lacrymogènes, mercredi à Hong Kong. Bilan : 79 blessés. Et face aux manifestants, un mur : le gouvernement se montre intraitable. Carrie Lam, cheffe de l'exécutif hongkongais, affiche sa fermeté et se dit déterminée à faire adopter son projet de loi.

RFI : Comment en est-on arrivé à un tel niveau de crispation, de telles scènes de violence jamais vues à Hong Kong ?

Éric Florence : Il faut souligner le contexte politique régional et local particulier. D'une part, le virage autoritaire sans précédent en Chine-même, sous Xi Jinping depuis 2012, qui touche les avocats, les journalistes, des citoyens ordinaires, des internautes, etc.

D'autre part, ce contexte rejaillit inévitablement de diverses façons sur Hong Kong, et notamment via une mainmise plus forte des autorités de Pékin, qui par exemple peut prendre la forme d'un contrôle autour de la presse ou de l’édition par exemple.

Il est de plus en plus difficile de faire circuler des livres éventuellement critiques par rapport au régime ici à Hong Kong, alors qu’auparavant c'était tout à fait possible.

Bien sûr, il y a aussi toute une série de mesures prises depuis 2014, c’est-à-dire depuis le mouvement des parapluies, en particulier la répression des leaders de ce mouvement et d’Occupy Central with Love and Peace.

Encore très récemment, deux éminents professeurs ont notamment été condamnés à 18 mois de prison. Et en 2018, le Parti national de Hong Kong a été interdit.

Ce projet de loi sur les extraditions, est-ce la goutte d'eau qui fait déborder le vase ? C'est l'identité des Hongkongais qui est en jeu.

Vous touchez-là un point très important. Il y a la crainte chez les Hongkongais d’une perte, qu'ils expérimentent quelque part, de libertés publiques qui définissaient véritablement Hong Kong.

Il est vrai que cela se passe sur un fond de construction d’identité hongkongaise depuis une dizaine d’années, qui se construit en réaction de plus en plus à la montée en puissance de la Chine.

Réaction à une intégration politique, économique de plus en plus forte avec la Chine. Mais on peut aussi dire que les problèmes sous-jacents de l’époque du mouvement des parapluies de 2014 sont toujours là.

Hong Kong fait face à des problèmes politiques, une crise de représentativité, de légitimité, mais également un fond de problèmes socio-économiques ; le logement est tout à fait hors de prix, le chômage touche particulièrement la jeunesse...

En somme, ce que veulent les manifestants, c'est le respect du fameux principe « un pays, deux systèmes », formule qui traduit l’exception juridique accordée à Hong Kong depuis 1997. Ce principe est-il en danger aujourd'hui ?

Il peut l’être effectivement, et c’est vraiment la crainte qui anime à la fois le camp pro-démocrate, mais plus largement les milieux d’affaires, les milieux intellectuels, artistiques, les médias également...

Il s’agirait via ce projet de l’ouverture possible d’une brèche entre les systèmes juridiques de Hong Kong et de la République populaire de Chine, alors que depuis 1997, d’une certaine manière, l’autonomie juridique a été maintenue.

Mais notons que déjà depuis quatre ou cinq ans, on a eu une accélération de la mainmise de Pékin sur Hong Kong, notamment via des interprétations rendues par le Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire.

Chronologie et chiffres clés