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Publié le • Modifié le

Hong Kong: le «jour le plus long» organisé sur les réseaux sociaux

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Les manifestants munis de parapluies à Hong Kong, le 12 juin 2019. Reuters

A Hong Kong, forte mobilisation ce mercredi 12 juin encore contre le projet de loi sur l’extradition, une mobilisation qui s'est également organisée sur les réseaux sociaux. Une pétition en ligne a notamment appelé aux rassemblements autour du Parlement ce mercredi.


De notre correspondant régional

Des pétitions diffusées sous le hashtag #antiELAB ou #NoExtraditiontoChina ont circulé sur les réseaux sociaux appelant effectivement 50 000 personnes à encercler les bâtiments du #Legco, le conseil législatif dès 23h. Ce qui a donné ces images circulant sur Twitter de camping improvisé sous la pluie, et de ces 2 000 jeunes rassemblés dans le parc Tamar tout à côté du Parlement. Avec un code couleur qui a changé…

Tee-shirts noirs et parapluies

À la marée blanche de dimanche, ont succédé des jeunes gens habillés de noir. « Pendant que certains d’entre vous étaient encore au lit, raconte la journaliste du South China Morning Post, Jeffie Lam sur son compte Twitter, certains étaient déjà devant le siège du législatif ». Des jeunes équipés de manières rudimentaires en cas d’affrontement avec la police antiémeute : lunette de protection, masque et films plastique pour se recouvrir les bras, les jambes, et évidemment les célèbres parapluies de Hong Kong pour se protéger des gaz lacrymogènes.

En face une armée de policiers en bleu, munis de gilets pare-balles, casques et boucliers, défendent l’accès aux bâtiments administratifs, avec de nombreux renforts arrivés en bus dans la nuit. Et des banderoles aussi pour les policiers comme les manifestants, des pancartes rouges notamment prévenant d’un recours à la force en cas d’assaut.

Grève et télétravail

La jeunesse hongkongaise semble déterminée face à ce projet de loi sur l’extradition qui inquiète aussi les milieux d’affaires. Sous le hashtag #612strike, grève du 12 juin, des appels effectivement aux « San Ba », trois grèves étudiantes, commerces, usines, ou à une libération du temps de travail pour pouvoir aller manifester.

Habituellement deux camps s’opposent à Hong Kong : les jaunes du camp prodémocratie et les bleus des milieux d’affaires proches du gouvernement actuel. Mais, dimanche 9 juin, les jaunes et les bleus étaient dans la rue, verts de rage et d’inquiétude face à ce texte examiné par les députés qui permettraient selon les défenseurs des libertés à Pékin de contourner le système judiciaire en extradant - par exemple - les mécontents du régime. Ce matin encore, des scènes étonnantes ont eu lieu. Plus de 100 commerces du cœur de Hong Kong ont décidé de garder leurs rideaux baissés ce mercredi 12 juin pour permettre à leurs employés de manifester.

Et plus étonnant encore, dans cette capitale des grattes ciels, les grands cabinets d’audits et de conseils, ainsi que les trois grandes banques de Hong Kong ont décidé d’accorder à leurs employés le droit de se mettre en télétravail autrement dit, une autre façon de permettre à ceux qui le veulent de se rendre devant le Parlement.

Les trois principaux sites pornos du territoire invitent leurs abonnés à aller faire un tour du côté du Conseil législatif pour voir ce qui s’y passe. Cela peut paraître anecdotique, mais c’est encore une fois le signe de l’inquiétude face à ce que les opposants au texte décrivent comme un risque d’atteinte au modèle « un pays, deux systèmes », lancé par Deng Xiaoping.

Prières contre le projet de loi

Le privé, les syndicats, les universités et les catholiques avaient appelé a manifester ce mercredi 12 juin également. Des prières ont circulé sur les réseaux montrant des manifestants chantant des psaumes devant les policiers après que l’évêché de Hong Kong ait diffuser un communiqué demandant aux autorités de ne pas employer la force face à de jeunes manifestantes et à sursoir à l’examen du texte.

Une prière visiblement entendue puisque l’examen du texte a été reporté du moins provisoirement. Le secrétaire en chef pour l’administration de la région administrative spéciale, Matthew Cheung demandant dans une vidéo diffusée sur les réseaux aux manifestants de quitter les lieux sans enfreindre la loi, et en réaffirmant qu’il était urgent que la loi passe.

Dernière chose, quand on a tenté d’entrer les caractères « extraditions » « grève » ou « manifestation », sur le réseau Sina Weibo en Chine continentale, la réponse a été « repassez plus tard votre requête n’a pas trouvé de réponse ».

Chronologie et chiffres clés