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Birmanie Aung San Suu Kyi

Publié le • Modifié le

Birmanie: des opposants à l'érection d'une statue du général Aung San arrêtés

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Des activistes arrêtés après une protestation devant la statue du Général Aung San à Loikaw le 7 février 2019. Reuters/Stringer

Cette semaine, 82 manifestants vont être jugés dans l’Etat Kayah, c’est dans l’est du pays. Ils sont pour la plupart issus de la minorité ethnique Karen et ont été arrêtés pour avoir protesté contre la construction d’une statue du général Aung San, le père de la dirigeante Aung San Suu Kyi, dans la ville de Loikaw.


Avec notre correspondante à Rangoun, Eliza Hunt

Pour les manifestants, c’est un nouveau signe des discriminations que subissent les minorités ethniques du pays. En installant cette statue, les autorités leur imposent l’histoire et la culture de l’ethnie majoritaire Bamar, celle du général Aung San et donc de sa fille Aung San Suu Kyi, aujourd’hui au pouvoir, en marginalisant du coup l’histoire de leur propre minorité ethnique.

Rassemblement non autorisé

C’est ce qu’ont dénoncé des organisations de la minorité Karen au gouvernement dans une lettre en juillet dernier. Mais leurs demandes ont été ignorées puisque la statue a été installée il y a une dizaine de jours : des manifestants se sont donc regroupés notamment devant le siège local de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti au pouvoir. Un rassemblement qui n’avait pas été autorisé par la police.

C’est un exemple de plus des atteintes, fréquentes ces derniers mois, contre la liberté d’expression en Birmanie. L’an dernier, c’est un Birman qui a lu un poème sur la paix à un rassemblement qui a été arrêté ou encore des manifestants qui appelaient à la fin des combats dans l’Etat Kachin au nord du pays.

La situation se dégrade pour la liberté d’expression

En fait des lois répressives sont toujours appliquées, c’est le cas de celle sur les réunions pacifiques. Elle oblige à informer les autorités 48 heures en avance, ce qui empêche par exemple les rassemblements spontanés, ceux qui enfreignent la loi risquent jusqu’à six mois de prison. Autre exemple : à Rangoun, depuis novembre 2017, les rassemblements sont interdits dans 11 quartiers de la ville. En tout cas en théorie, car l’an dernier, des milliers de soutiens de l’armée ont pu s’y réunir, sans être inquiétés.

En 2010, Aung San Suu Kyi disait : « la démocratie, c’est la liberté d’expression ». Depuis son arrivée au pouvoir, la situation s’est détériorée selon Human Rights Watch. L’organisation souligne notamment que très peu de lois menaçant la liberté d’expression ont été modifiées par le gouvernement, même si par exemple, ceux qui sont accusés de diffamation sur internet risquent désormais deux ans de prison, contre trois ans auparavant.

A (re)lire : En Birmanie, Aung San Suu Kyi, enfin libre

Un changement qui reste minime, et puis surtout, le nombre de poursuites en justice ont augmenté sous la LND. La loi a été utilisée à plusieurs reprises par des membres du parti confrontés à des critiques. Et le parti d’Aung San Suu Kyi a également instauré une nouvelle loi en 2017 pour la protection des citoyens, qui menace de trois ans de prison des propos qui mettent en danger leurs réputations.

Chronologie et chiffres clés