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Afghanistan ONG Union européenne Droits de l'enfant Droits de l’homme Réfugiés

Publié le • Modifié le

La nouvelle vie d'une enfant expulsée par la Norvège en Afghanistan

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Les rues de Kaboul, octobre 2018 (photo d'illustration). WAKIL KOHSAR / AFP

Les enfants expulsés vers l'Afghanistan font face aux menaces d'attaques meurtrières et d’enrôlement par des groupes armés, c'est ce que soulignait il y a une dizaine de jours un rapport de l'ONG Save The Children. Une dure réalité à laquelle Zahra, jeune Afghane âgée de 16 ans, ne se fait pas. Elle a été expulsée avec sa famille de Norvège vers l'Afghanistan il y a quatre ans. RFI l'a rencontrée à Kaboul.


Avec notre correspondante à Kaboul,  Sonia Ghezali

Quelque 4 260 Afghans sont retournés en Afghanistan depuis l'Europe en 2017 - des retours forcés ou volontaires -, alors que le conflit sur place a déjà fait 1 700 morts et blessés sur les six premiers mois de l’année 2018, un record.

L'ONG britannique Save The Children, alarmée par les résultats d'une enquête réalisée en Afghanistan et dans plusieurs pays européens, appelle l'Union européenne à cesser les expulsions de mineurs et de très jeunes adultes vers ce pays. Ils alertent sur la dangereuse réalité qui suit leur retour forcé et l'absence de programme de réintégration.

« J'ai perdu beaucoup d'amis là-bas »

Cela fait quatre ans que Zahra, ses frères et sœurs et leurs parents ont été expulsés de Norvège où ils s'étaient réfugiés quand elle avait 6 ans. Aujourd’hui, elle en a donc 10. Elle n'a repris l'école que depuis un an et demi et a déjà vécu de nombreux traumatismes liés à la guerre.

« Nous vivons dans l'ouest de Kaboul, souvent visé par des attaques kamikazes ou des explosions, nous raconte t-elle. Il n'y a pas longtemps, il y a eu une attaque contre la mosquée Zaman. On entendait les gens crier dans la rue. Après, il y a eu l'attaque contre le centre éducatif Mahoud. J'ai perdu beaucoup d'amis là-bas. Ils ont été tués aussi. »

« Ils ont intégré la mentalité européenne »

Zahra se confie près de sa jeune sœur et de son petit frère. « Les enfants en Norvège sont libres », dit-elle. « Il n'y a pas de différence entre les filles et les garçons, ici il sont séparés et les filles sont comme cadenassées », explique-t-elle.

Sa mère intervient : « La vie est dure ici pour les femmes. Quand on sort en ville, les enfants me posent beaucoup de questions. Ils nous demandent pourquoi les filles sont traitées comme ça, pourquoi les hommes n’ont aucune considération pour les femmes, pourquoi ils se comportent mal avec elles. Je leur dis : "C'est comme ça ici, il faut accepter." Ce qui est dur pour eux, c'est qu'ils ont intégré la mentalité européenne. »

La famille avait fui en Europe pour échapper aux menaces d'un homme d'affaires local puissant. Peu après leur retour, le grand frère de Zahra, alors âgé de 17 ans, a été kidnappé par des hommes armés à la sortie du lycée. Il a fallu près d'une année à la famille pour parvenir à le faire libérer en échange d'une rançon.

►À relire : Face aux réfugiés afghans, les Européens « ont tourné le dos à leurs principes »

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