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Corée du Nord Vatican Religion Diplomatie

Publié le • Modifié le

Corée du Nord: le pape François invité à Pyongyang, une idée de... Séoul

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Le numéro un nord-coréen, Kim Jong-un a invité le pape François à se rendre en visite à Pyongyang. REUTERS/Alessandro Bianchi

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a invité le pape François à venir à Pyongyang. Une invitation pour le moins surprenante, car venant d’un Etat accusé de violentes répressions visant les chrétiens, et considéré comme l'un des pires pays en matière de liberté religieuse.


De notre correspondant à Séoul,

Inviter le pape François à Pyongyang est en réalité une idée du président sud-coréen. Lors de sa visite à Pyongyang le mois dernier, Moon Jae-in a en effet suggéré à Kim Jong-un d’inviter le souverain pontife et le dirigeant nord-coréen lui a répondu que le pape François serait accueilli « avec enthousiasme » en Corée du Nord. Moon Jae-in, qui est lui-même catholique, transmettra donc cette invitation lors de sa visite au Vatican prévue le 18 octobre prochain. Le Saint-Siège n’a encore fait aucun commentaire.

Une telle visite pontificale à Pyongyang serait sans précédent. Le Vatican et la Corée du Nord n’ont pas de relations diplomatiques. Dans les années 2000, le régime avait déjà invité le pape... mais le Vatican avait répondu qu’une telle visite ne serait possible que si le Nord acceptait la présence de prêtres catholiques.

Une invitation symbolique et stratégique

Depuis plusieurs mois, Kim Jong-un mène une offensive de charme diplomatique et il multiplie les sommets. Il entend ainsi se présenter comme un chef d’Etat responsable et tout à fait fréquentable, plein de bonne volonté et désireux de construire la paix dans la région. L’objectif est d’obtenir un allégement des pressions et des sanctions internationales tout en se faisant accepter si possible comme une puissance nucléaire de facto – au même titre, par exemple, que le Pakistan et l’Inde.

De son côté la Corée du Sud fait beaucoup d'efforts pour aider Pyongyang à normaliser ses relations avec la communauté internationale. Séoul espère que cette normalisation encouragera le régime à s’ouvrir, à cesser ses provocations, et à changer de l’intérieur.

Aucune liberté religieuse en Corée du Nord

Le régime considère que toute pratique religieuse menace son idéologie et son culte de la personnalité. Il est accusé d’emprisonner, voire d’exécuter, des Chrétiens. La possession d’une bible est ainsi férocement punie.

Pourtant, au début du 20e siècle, les Eglises étaient si nombreuses et si actives à Pyongyang que la ville était surnommée « la Jérusalem de l’Est » ! Mais après la prise de pouvoir du dirigeant communiste Kim Il-sung, les chrétiens ont été persécutés. Ils ne seraient plus que quelques centaines.

Des églises qui servent de vitrines

Il y a bien une Eglise catholique à Pyongyang, mais il s'agit d'une vitrine qui permet au régime de montrer qu’il respecte la liberté de religion et qui lui permet d’obtenir des donations d’associations catholiques sud-coréennes. Les messes qui y sont données sont « une mascarade », a un jour déclaré un prêtre étranger qui y a assisté.

Si le pape François accepte l’invitation de Kim Jong-un, il sera sans doute reçu avec tous les honneurs dû à un chef d’Etat, mais il n’est pas sûr que cela contribuera à améliorer le sort des chrétiens de Corée du Nord.

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