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Indonésie Catastrophes naturelles

Publié le • Modifié le

Indonésie: après le séisme, la difficile prise en charge des victimes

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A Pemenang (Lombok), les secours s'activent dans les décombres, ce 8 août 2018. REUTERS/Beawiharta

En Indonésie, quelques jours après un séisme qui a fait 131 morts sur l'île de Lombok, la prise en charge des victimes de ce tremblement de terre demeure compliquée, même si des renforts venus de tout le pays allègent à présent la tâche des équipes médicales.


Avec notre envoyé spécial à Lombok, Joël Bronner

A Mataram, principale ville de Lombok, la situation des hôpitaux s'améliore, même si les murs portent encore les stigmates du tremblement de terre. A l'hôpital municipal par exemple, les structures ont gravement souffert puisque deux batiments ont été largement détruits par le séisme.

Devant, sur le parking, des dizaines de tentes vides témoignent de l'urgence qu'il a fallu gérer, en évacuant à l'extérieur une partie des patients qui étaient traités à ce moment-la et en accueillant en parallèle des victimes du séisme.

A l'interieur de l'établissement, un médecin signale que ces dernières venaient d'etre evacuées vers un autre établissement, l'hôpital provincial, qui est le plus gros de la région. Là, la présence de lits un peu partout dans les couloirs - notamment à l'entrée - montre bien que la situation est encore loin d'être revenue à la normale. Et même si le directeur-adjoint, le docteur Usdi, se réjouit du renfort de 42 chirurgiens arrivés la veille de toute l'Indonésie : « Nous accueillons actuellement ici 270 patients, qui sont surtout originaires du nord et de l'est de Lombok. Toutes ces personnes ont été victimes du tremblement de terre. Jusqu'a présent nous avons realisé 118 opérations, principalement dans les domaines orthopédique et neurologique. »

Un des chirurgiens ainsi arrivés ici en renfort opérera le petit Agus, 9 ans. Son père raconte : « Nous habitons dans l'ouest de l'île. Quand le séisme s'est produit, mon petit garcon s'est mis à courir. Mais le mur de la maison s'est effondré et lui est tombé sur la jambe gauche ».

Parmi les 270 victimes du séisme présentes ici, de nombreuses jambes dans le plâtre et des bras bandés cohabitent notamment avec des victimes plus sérieusement blessées à la tête, après que l'habitation qui les abritait leur est tombée dessus. Plus de 150 000 personnes déplacées dorment dans des abris de fortune manquant de nourriture, d'eau potable et de médicaments, plusieurs jours après le séisme, ont indiqué les autorités le mercredi 8 août.


 ■ A Mataram, la grande mosquée a aussi beaucoup souffert

Avec notre envoyé spécial à Lombok, Joël Bronner

A la mosquée « centre islamique », un immense bâtiment imposant, coiffé de cinq minarets, les lézardes extérieures sont partout. A l'intérieur, certains murs sont tailladés d'impressionnantes griffures et des pans entiers de certains minarets se sont tout simplement écroulés.

Au troisième étage d'un des minarets, les gravats sont en train d'être ramassés par une équipe de quatre personnes trempées de sueur. Parmi eux Irjan, qui comme de nombreux indonésiens n'a pas de nom de famille.

« Nous avons commencé à nettoyer les dégâts à un autre étage il y a deux jours. On en a pour une semaine de travail en tout. Mais heureusement, il n'y a pas eu de victimes ici. »

Soleiman Jamsori dirige la mosquée et se remémore le soir du séisme, lorsque 400 personnes étaient là. « C'était l'heure de la prière. A la seconde secousse, tous les fidèles se sont rués vers l'extérieur. Mais ensuite, malgré les dégâts, nous sommes retournés terminer la prière. Juste après, les habitants des alentours ont accouru sur l'esplanade de la mosquée, apeurés, en criant, "tsunami, tsunami" ! »

Finalement pas de raz-de-marée, mais d'innombrables dégâts. Dans un mois, la mosquée défigurée de Mataram allait tout juste fêter les deux ans de son inauguration.

Chronologie et chiffres clés