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Afghanistan Religion Terrorisme

Publié le • Modifié le

Afghanistan: colère de la communauté sikhe après un attentat à Jalalabad

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Des sikhs portent un cercueil d'une victime de l'attentat survenu à Jalalabad, le 2 juillet 2018. REUTERS/Parwiz

Au lendemain d'un attentat-suicide qui a fait 21 morts, dont 17 sikhs et hindous à Jalalabad, la communauté sikhe réclame des comptes au gouvernement et exige une enquête pour faire la lumière sur l'attaque, ce lundi 2 juillet.


« Mort au gouvernement, mort (au président) Ashraf Ghani ». Les slogans scandés par les manifestants en marge du cortège mortuaire sont sans détour. Très émus, en colère, des dizaines d'hommes se sont recueillis au passage des cercueils sortis de l'hôpital et acheminés jusqu'au temple sikh de la ville, où étaient rassemblées quelque 200 personnes, hindous, sikhs et musulmans confondus.

Tous sont venus rendre hommage aux 21 victimes de l'attentat-suicide de dimanche 1er juillet. Parmi elles : Atvar Singh, candidat pour représenter la minorité sikhe au Parlement aux élections d'octobre et Rawal Singh, figure éminente et active de la communauté. Une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique, dont les bases en Afghanistan sont situées dans plusieurs districts de la province du Nangarhar, autour de Jalalabad.

Colère

« Nous exigeons une enquête du gouvernement sur cet attentat, faute de quoi nous irons manifester devant l'ambassade américaine et d'autres, à Kaboul, prévient le fils du candidat, Narendar Singh. C'est un gouvernement faible qui n'arrive à protéger personne. »

Le jeune homme explique à l'Agence France-Presse (AFP) qu'un rendez-vous de son père avec le président Ghani, prévu le matin, a été annulé à la dernière minute : « Ils nous ont demandé de revenir l'après-midi vers 15h30. Une vingtaine d'anciens des communautés sikhe et hindoue voulaient rencontrer le président. (...) Nous les avons conduits dans trois voitures, mais arrivés à proximité des bâtiments du gouverneur (provincial), les forces de sécurité nous ont arrêtés et priés de sortir des voitures : c'est là que le kamikaze à pied s'est approché et s'est fait sauter au milieu de nous », raconte Narendar Singh.

Exode

Selon la représentation indienne en Afghanistan, les sikhs et les hindous ne seraient plus qu'un millier environ aujourd'hui, à Kaboul, Ghazni (sud-est) et Jalalabad principalement, contre 50 000 estimés avant le début de la guerre contre l'URSS en 1979.

L'exode a commencé, massivement, avec l'invasion soviétique puis s'est poursuivi au fil des conflits successifs qui secouent le pays depuis bientôt quarante ans. Le sikhisme est une religion monothéiste apparue au XVIe siècle dans le nord-ouest de l'Inde avec la volonté de dépasser les clivages entre les deux religions majoritaires dans le pays : l'hindouisme et l'islam.

(avec AFP)

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