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Etats-Unis Donald Trump Corée du Nord Kim Jong-un Chine Xi Jinping

Publié le • Modifié le

Comment la Chine a poussé Kim dans les bras de Trump

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Les présidents chinois et nord-coréen, Xi Jinping et Kim Jong-un, le 28 mars 2018 à Pékin. CCTV / AFP

Mardi 12 juin aura lieu le sommet de Singapour, un sommet historique. Les allers-retours en dent-de-scie entre les dirigeants américain et nord-coréen ne laissaient aucunement présager que Donald Trump et Kim Jong-un allaient se rencontrer si rapidement. Et il y a un an encore, personne n’imaginait même une ligne de communication si directe entre les deux pays. Le revirement de la politique étrangère de Pyongyang et sa volonté de se rapprocher des Etats-Unis, peuvent être dus au style direct et belliqueux du président américain, une rupture avec la diplomatie habituelle. Mais c’est aussi un effet de la dégradation de la relation entre Pyongyang et Pékin.


Avec notre correspondante à Singapour,  Carrie Nooten

Pendant longtemps, la Chine a été le principal allié de la Corée du Nord, son intermédiaire avec le reste du monde. Mais depuis l’accession de Kim Jong-un au pouvoir en 2011, ces relations n’ont cessé de se dégrader en coulisses.

Côté chinois, Xi Jinping a dès le début pris un peu de haut ce jeune leader héritier, et dernièrement, l’a mis sous pression en appliquant les nouvelles sanctions des Nations unies.

C’est notamment en observant les essais nucléaires de Pyongyang qu’on peut décrypter les tensions, analyse Pascal Vennesson, professeur de sciences politiques à l’école S. Rajaratnam d'Etudes Internationales (RSIS) de Singapour :

« La Corée du Nord a organisé en quelque sorte ces tests nucléaires précisément à des moments qui pouvaient embarrasser la Chine. Au moment où la Chine par exemple faisait un de ses sommets sur ses projets de développements économiques pour toute l’Asie. Il y a eu également des tests organisés lorsque la Chine présidait des grands forums internationaux. Donc il y a eu vraiment des marques de tension entre les deux Etats. »

Côté nord-coréen, Kim Jong-un s’inquiète certainement de l’influence grandissante de Pékin dans la péninsule et de sa propre dépendance à la Chine, qui pourrait l’empêcher de se développer.

« A partir du moment où le régime nord-coréen souhaite mettre l’accent sur le développement économique, il doit trouver de nouveaux partenaires afin d’assurer sa stabilité par d’autres moyens que par la carte sécuritaire ou militaire », explique Pascal Vennesson.

Même s’il est toujours délicat d’interpréter les gestes d’un des régimes les plus secrets, on peut tout de même penser que Pyongyang avait prévenu Pékin de ses volontés d’affranchissement, en assassinant ces dernières années l’oncle et le demi-frère de Kim Jong-un, tous deux protégés par la Chine.

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