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Corée du Nord Etats-Unis Diplomatie Alimentation

Publié le • Modifié le

La Corée du Nord prête à passer à la «diplomatie du burger»?

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Panneau de signalisation indiquant la présence de plusieurs fast food. WikiCommons/cc-by-3.0/Daniel Barcelona

A défaut de promettre une dénucléarisation à son rival américain, le leader nord-coréen aurait eu l’idée « d'ouvrir une franchise de hamburgers occidentaux » dans sa capitale Pyongyang en signe de bonne foi. Alors que l'organisation du sommet prévu entre Donald Trump et Kim Jong-un à Singapour est toujours incertaine, la Corée du Nord est-elle prête à passer à la « diplomatie du burger »?


Pour apaiser ses relations avec les Etats-Unis, la Corée du Nord n'est pas prête à abandonner le développement des armes nucléaires. En revanche, Kim Jong-un pourrait faire un geste en direction de Trump... en ouvrant un fast-food à Pyongyang. C’est ce que rapporte la chaîne NBC News qui cite un rapport de la CIA.

Cette nouvelle s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu. Alors que la rencontre prévue le 12 avril à Singapour entre les deux hommes a été annulée par le président des États-Unis le 24 mai dernier, les manœuvres diplomatiques se poursuivent actuellement pour tenter de sauver le sommet historique. « Kim souhaite faire un geste pacifique envers le président américain dont l'amour pour les hamburgers est bien connu », écrit NBC News, en citant trois responsables de l'agence de renseignements américaine.

Un signe de détente ?

Cette « diplomatie du burger » peut-elle réellement adoucir les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord ? Selon Nicole Bacharan, politologue spécialiste des États-Unis, cette décision est à analyser avec prudence en raison de l’incertitude qui règne autour de la rencontre prévue entre les deux hommes le 12 juin.

« Il y a beaucoup de "si", souligne-t-elle. S’il y a une véritable volonté de négociation, si le meeting a vraiment lieu, alors ce geste peut être perçu comme un signe d’ouverture vers l'Ouest, dont Coca-Cola ou McDo sont des marques très symboliques ». L’implantation d’un fast-food en Corée du Nord, l’un des Etats les plus fermés de la planète, « rapprocherait les habitants du pays du mode de vie de la Corée du Sud, où tout cela est évidemment monnaie courante », analyse Nicole Bacharan.

« Historiquement, l’ouverture de franchises américaines de fast-food, par exemple à Moscou pendant la perestroïka, a été le signe qu’une vraie détente s’installait », rappelle la spécialiste, qui reste cependant prudente dans le cas de la Corée du Nord. « Il peut aussi s’agir d’une affaire de dupes, il est possible qu’il n’y ait pas de meeting, pas de négociation, et pas de hamburgers à l’arrivée », nuance-t-elle.

La « diplomatie du burger »

McDonald's, Burger King ? Le document ne précise pas le nom de la franchise qui pourrait s’implanter à Pyongyang. Mais selon les trois officiels qui ont pu consulter ce rapport de la CIA sur les relations entre États-Unis et Corée du Nord, le restaurant pourrait véritablement servir d'espace d'accueil pour les futures négociations internationales.

Durant sa campagne présidentielle en 2016, Donald Trump avait déclaré : « On devrait manger des hamburgers autour d'une table de conférence, et on devrait négocier de meilleurs accords avec la Chine et d'autres, dont la Corée du Nord, en oubliant les dîners d'État ». Pourtant, en deux ans, Donald Trump a « totalement changé son fusil d’épaule » estime la politologue Nicole Bacharan. « Il a beaucoup apprécié la manière dont il a été reçu en Arabie Saoudite, en Chine ou encore à Paris. L’idée des hamburgers autour d’une table de conférence lui est totalement passée », détaille-t-elle.

Où qu’elles se déroulent - si elles se déroulent -, les négociations seront dans tous les cas houleuses entre les deux pays. Sur le dossier nucléaire, plusieurs experts cités par le rapport assurent que la dénucléarisation ne serait pas atteinte rapidement. La Corée du Nord semble encore très réticente à abandonner la poursuite de l'arme atomique.

« Pour que Pyongyang accepte de dénucléariser, il faudrait qu’il soit certain d’être à l’abri de toute menace américaine. Or quoique Trump promette, personne ne peut faire confiance à ses promesses. Il y a donc un vrai doute sur l’aboutissement des discussions », résume Nicole Bacharan.

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