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Indonésie

Publié le • Modifié le

Indonésie: trois attentats contre des églises ensanglantent la ville de Surabaya

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Des policiers devant l'église Santa Maria de Surabaya, dans l'est de l'île de Java, après une explosion, le 13 mai 2018. Antara Foto/M Risyal Hidayat / via REUTERS

En Indonésie, au moins onze personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dimanche 13 mai dans des attentats à la bombe. Les trois attaques, dont un attentat-suicide, ont visé des églises à Surabaya dans l'est de l'île de Java.


Les trois attaques ont été perpétrées dans trois endroits différents à dix minutes d'intervalle, la première explosion s'étant produite à 07h30 (00h30 TU), a précisé la police de Surabaya, deuxième ville d'Indonésie.

« Il y a eu des attaques contre trois églises », a déclaré un porte-parole de la police locale, Frans Barung Mangera, précisant que deux policiers figuraient parmi les blessés. Ces attaques n'ont pas été revendiquées pour le moment.

Au moins l'un des assaillants qui ont fait exploser leurs bombes à l'église catholique Santa Maria a été tué. « Quatre personnes ont été tuées à l'église Santa Maria », a déclaré le porte-parole de la police, ajoutant que quatre autres avaient péri à l'extérieur.

Précédentes attaques contre des églises

D'autres attaques visant des églises se sont produites ces dernières années à travers l'archipel d'Asie du Sud-Est. En 2016, un adolescent était entré dans une église remplie de fidèles à Medan, sur l'île de Sumatra, s'était approché du prêtre et l'avait légèrement blessé au couteau à un bras. Il avait tenté de faire exploser un objet avant d'être maîtrisé par des fidèles.

Un extrémiste islamiste avait été condamné en septembre dernier à la réclusion criminelle à perpétuité en Indonésie pour une attaque meurtrière au cocktail Molotov perpétrée en 2016 contre une église avec des complices d'un groupe soutenant l'organisation Etat islamique.

Et en février de cette année, une attaque à l’épée contre une église de Yogyakarta, sur la même île indonésienne de Java, avait fait une poignée de blessés, dont le prêtre qui dirigeait la messe. Interrogé par RFI à l'époque des faits, ce dernier se disait en réalité peu surpris, car il observait une montée progressive des tensions interconfessionnelles, à l'approche en particulier de toute une série de scrutins électoraux.

Contexte politique tendu

De fait, des élections régionales se tiendront le mois prochain à travers tout l'archipel indonésien, tandis que la présidentielle de 2019 est déjà dans tous les esprits, souligne notre correspondant Joël Bronner. Un climat visiblement propice donc à la poussée de l’extrémisme, dans un pays par ailleurs gangrené par un essor progressif des discours politico-religieux radicaux.

L'an dernier, l’incarcération de l'ex-gouverneur chrétien de Jakarta, accusé de blasphème, avait ainsi offert une victoire symbolique éclatante à ces radicaux musulmans et souligné une poussée de l'intolérance envers les minorités. Et ce, dans un archipel pourtant traditionnellement considéré comme relativement modéré. Même si l'attaque comme celle de ce dimanche à Surayaba contribue encore un peu plus à écorner cette image.

Chronologie et chiffres clés