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Corée du Nord Etats-Unis Corée du Sud Donald Trump Kim Jong-un

Publié le • Modifié le

Corée du Nord: Trump se réjouit de la libération de trois prisonniers américains

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Le rapprochement entre Kim Jong-un et Donald Trump commence à porter ses fruits pour les Etats-Unis. REUTERS/KCNA handout via Reuters & Kevin Lamarque

Les trois détenus américains en Corée du Nord, prisonniers depuis plus d’un an (et depuis deux ans et demi pour l’un d’entre eux) ont été libérés, annonce une série de tweets du président américain Donald Trump. Libération à l’occasion de la visite de Mike Pompeo à Pyongyang, la deuxième depuis celle de fin mars. Objectif : discuter de dénucléarisation du régime.


De notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias

« Je suis heureux de vous informer que le secrétaire d’Etat Mike Pompeo est dans son avion de retour de Corée du Nord, en compagnie des trois merveilleux gentlemen que tout le monde attend de rencontrer», tweete triomphalement Donald Trump, qui précise que les trois hommes détenus par Pyongyang semblent «en bonne santé ».

A Séoul, le gouvernement a salué cette libération, et a ajouté qu’elle devrait jouer un rôle «très positif» dans l’organisation du sommet entre le président américain et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. La Corée du Sud en a profité pour demander au Nord de relâcher six de ses propres ressortissants, dont l’un, un missionnaire, est détenu depuis 2013.

Cette libération intervient à l’occasion du deuxième voyage de Mike Pompeo à Pyongyang en un mois ; des visites qui ont pour but de parvenir à une ébauche d’accord de dénucléarisation, avant le tête-à-tête entre Kim Jong-un et Donald Trump.

Le président américain a précisé que la date et le lieu de la rencontre avaient été décidés. Assurant que la date et le lieu de cette rencontre seraient annoncés « dans les trois jours », Donald Trump a affirmé que ce sommet très attendu avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un n'aurait pas lieu dans la Zone démilitarisée (DMZ) à la frontière entre les deux Corées.

Le seul autre site publiquement évoqué par Donald Trump jusqu'à présent est Singapour. La libération des Américains était sans doute un préalable exigé avant cette rencontre. Mais le plus dur reste à négocier, rapporte notre correspondante à Washington, Anne Corpet.

Dans un communiqué publié après la libération des otages le vice-président Mike Pence a rappelé les exigences américaines. « Nous ne relâcherons pas la pression tant que nous n'aurons pas obtenu la totale dénucléarisation » écrit-il, sans toutefois préciser ce que Washington propose en échange. Mais il est vrai que depuis le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien, les Nord-Coréens peuvent légitimement s'interroger sur ce que vaut la parole des Etats-Unis.

Les Nord-Coréens, comme les Iraniens, ont compris qu'en réalité cette administration traite mal les Etats qui sont prêts à négocier de manière sincère sur leur programme nucléaire et finalement traite mieux les programmes qui ont proliféré réellement et qui ont maintenant des têtes nucléaires comme celui de la Corée du Nord qui elle a le droit à une rencontre au sommet avec Donald Trump.
Célia Belin, chercheure associée à la Brookings Institution 10/05/2018 - par Anne Corpet Écouter

Pour le sénateur Jeff Flake, un républicain opposé à Donald Trump, les négociations seront difficiles, et le retrait des Etats unis de l'accord sur le nucléaire iranien a compliqué la donne. « Cela va être difficile. La Corée du Nord n'est pas au même niveau que l'Iran. Elle a déjà des capacités que l'Iran n'a pas démontrées en matière d'armes nucléaires. Donc, on ne veut pas qu'il gèlent un programme mais qu'ils dénucléarisent. Je m'inquiète beaucoup à la perspective de ces négociations avec la Corée du Nord. Comment obtenir un accord avec la Corée du Nord maintenant qu'ils savent que d'un claquement de doigts on peut se désengager d'un tel accord ? », s'interroge-t-il.

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