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Afghanistan Talibans Energies

Publié le • Modifié le

[Reportage] Afghanistan: les talibans privent Kaboul d’électricité

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Kaboul vit depuis deux jours avec moins d'un quart de son alimentation en électricité habituelle (photo d'illustration). Mélanie Kominek/RFI

Kaboul est sans électricité depuis deux jours. Les talibans ont fait sauter un pylône qui alimentait Kaboul dans la province voisine de Baghlan. Il s’agit d’une vengeance expliquent-ils, car les autorités afghanes ont coupé l’électricité dans des zones sous leur contrôle. Depuis plusieurs semaines, les insurgés s’attaquent aux lignes électriques qui acheminent le courant depuis l’Ouzbékistan et le Tadjikistan. Résultat : la capitale afghane est en grande partie plongée dans le noir durant la nuit, le commerce tourne au ralenti et la population exprime son ras-le-bol. Reportage.


Avec notre correspondante à Kaboul,  Sonia Ghezali

Le vrombissement des générateurs est constant. Les appareils trônent dans les arrières cours des maisons, sur les trottoirs de Kaboul. Bruyants. Mais indispensable, comme l’explique un résident, Arif Ahmadi : « Vous ne pouvez pas regarder la télé ni écouter la radio, vous n’avez pas d’eau chaude... Tout est lié à l’électricité. Les gens souffrent. Certains n’ont même plus d’eau. Kaboul est dans le noir. C’est une honte pour une capitale d’être sans électricité. Ça nous rappelle l’époque de la guerre civile. »

La majeure partie de la population n’a pas les moyens d’acheter un générateur ni d’en assumer les frais. Les administrations, les sociétés, les commerces ne peuvent faire l’impasse.

Hamida Aman est directrice d’une société de production et propriétaire d’une radio nationale. « Nous utilisons de très gros générateurs qui consomment énormément  d'essence. Ils sont très polluants et très bruyants, mais c'est absolument indispensable pour le fonctionnement de toutes les entreprises en Afghanistan. C'est un coût énorme que nous devons absorber dans nos frais de gestion », explique-t-elle.

La consommation et la maintenance des générateurs lui coûtent 2 000 dollars chaque mois. Ces dernières 48 heures, elle a dû prendre d’autres mesures : « Entre 1h00 du matin et 4h00 on coupe pour essayer d'économiser un peu. Nos auditeurs de provinces où il y a de l’électricité en ce moment ne peuvent plus nous écouter 

Si certaines fenêtres sont allumées le soir dans les rues de Kaboul, pour les plus fortunés bénéficiant d’un générateur, une grande partie de la ville, elle, reste plongée dans le noir.

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