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Corée du Sud Internet Réseaux sociaux

Publié le • Modifié le

«Me too» en Corée du Sud: débat autour de la violence des commentaires en ligne

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Le phénomène Metoo a aussi touché la Corée du Sud avec ses conséquences sur internet et les réseaux sociaux. REUTERS/Kim Hong-Ji

Avec quelques mois de retard, le mouvement « Mee too » de dénonciation des violences sexuelles est arrivé en Corée du Sud notamment grâce aux réseaux sociaux, où révélations et témoignages de victimes se sont multipliés. Mais ces mêmes réseaux servent aussi de déversoir à des commentaires injurieux attaquant ces victimes. Ce qui suscite un vif débat sur la nécessité de réguler ces commentaires en ligne.


De notre correspondant à Séoul,

Sur les réseaux, de nombreux internautes - dont l’anonymat est garanti par la loi - ont réagi à ces récentes révélations en mettant en doute les témoignages des victimes, et en les attaquant verbalement. Une jeune femme qui a accusé un gouverneur, Ahn Hee-jung, de l’avoir violé, a par exemple été la cible de milliers de commentaires misogynes et injurieux. Ceux-ci lui reprochent notamment de juste chercher à gagner de l’argent.

Ce cyber-harcèlement, qui s’accompagne parfois de menaces de mort, est si violent que certaines victimes renoncent à témoigner, constate le quotidien Joongang. Les familles des agresseurs sont aussi la cible d’attaques en ligne : les filles de deux acteurs accusés de viol ont ainsi été récemment prises à partie par des internautes alors qu’elles sont innocentes.

Le souci de la modération des commentaires

Ce problème des commentaires hors de contrôle est récurrent en Corée du Sud et il n’est pas limité à « me too ». La Corée du Sud est un cas un peu particulier : 4% seulement des internautes lisent les nouvelles directement sur les sites des journaux. La plupart lisent – et commentent – les articles repris par des sites agrégateurs.

Le premier de ces sites est le mastodonte Naver, qui occupe 74% du marché et qui à ce titre dispose d’une capacité d’influence phénoménale. Or, cela fait plusieurs mois que Naver est sur la sellette : le site est accusé de manipuler le résultat des recherches des internautes, de faire disparaître les articles qui le dérangent et de refuser de mettre en place une politique sérieuse de modération des commentaires.

Le problème, c’est que Naver a un intérêt économique à laisser le plus de messages possibles, même s’ils sont injurieux ou s’ils propagent des fausses rumeurs : ces messages amènent du trafic, et donc des revenus publicitaires.

L’enjeu des élections municipales de juin.

Lors des élections présidentielles il y a 5 ans, les services secrets sud-coréens avaient été accusés d’avoir tenté de manipuler l’opinion publique en mettant en ligne des milliers de messages favorables au parti conservateur.

La question est donc sensible, et des députés travaillent aujourd’hui sur des projets de loi pour réguler ces commentaires. Ils veulent par exemple interdire des logiciels qui permettent d’inonder les sites de messages de façon automatique. Des logiciels considérés comme un moyen d’influencer les lecteurs. En réponse, le site Naver a déjà proposé quelques timides mesures mais sans parvenir à convaincre ses critiques.