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Publié le • Modifié le

Cambridge Analytica: le scandale rebondit en Inde

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Les bureaux de Cambridge Analytica au centre de Londres, le 21 mars 2018. Photo: Reuters/Henry Nicholls

Les deux principaux partis politiques du pays ont engagé une société liée à la firme américaine Cambridge Analytica pour les aider lors des précédentes élections. Ce qui pose des questions sur l'utilisation des données. Surtout qu'en parallèle, un informaticien français vient de découvrir que l'application mobile du Premier ministre collecte des informations personnelles sans demander l'accord de ses abonnés


De notre correspondant en Inde,

La société Cambridge Analytica avait des liens avec les partis politiques indiens. Le groupe SCL, maison mère de Cambridge Analytica, a en effet travaillé en Inde avec une société locale appelée Ovleno. Selon le profil public de son directeur, Ovleno a réalisé des missions d'analyses de données politiques pour le parti du Congrès et surtout pour le BJP, la formation nationaliste hindoue au pouvoir aujourd'hui. Ce directeur se targuait encore récemment d'avoir assuré la victoire du BJP lors du dernier scrutin de 2014, qui a offert à ce parti la majorité absolue des sièges au parlement national. Un raz-de-marée inédit en Inde depuis plus de 20 ans. Le BJP étant connu pour son utilisation savante des réseaux sociaux lors de ses campagnes, on peut maintenant se demander si cette formation n'a pas réussi ce tour de force grâce à des analyses poussées de données personnelles récoltées par cette société aux pratiques peu éthiques.

Moduler l’actualité selon le profil de l’électeur

L’histoire a rebondi grâce à un informaticien francais, Baptiste Robert. Cet ingénieur toulousain, spécialisé dans les logiciels pour Android, a révélé que l'application dédiée au Premier ministre Narendra Modi récoltait certaines informations de ses utilisateurs, comme leur géolocalisation, sans demander leur autorisation. Mais surtout, ces données sont également envoyées à une société spécialisée dans l'analyse, alors que les statuts du logiciel assurent que celles-ci ne peuvent être partagées. Or cette application, lancée il y a 3 ans, a déjà été téléchargée par 5 millions d'utilisateurs, qui donnent à chaque fois leur nom, adresse, religion, etc.

Contacté par RFI, Baptiste Robert, le développeur qui a révélé cette faille, explique les risques de ce système. « J’ai votre adresse IP, j’ai vos préférences, j’ai votre religion, j’ai plein d’informations personnelles sur vous. Si je cherche à vous convaincre de voter pour moi, je vais essayer de moduler l’actualité que je vais vous montrer dans l’application par rapports à ces informations-là. C’est techniquement faisable parce que silencieusement dans l’application, on envoie ces données-là. »

La compagnie Clever Tap, engagée pour héberger et traiter ces données de l'application, assure qu'elle ne les revend pas, mais reconnait qu'elle les exploite pour mieux cibler les informations envoyées aux utilisateurs. 

Chronologie et chiffres clés