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Chine

Publié le • Modifié le

[Reportage] La «pensée de Xi» expliquée par les Chinois

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Xi Jinping, 64 ans, est désormais libre de se présenter encore autant de fois qu'il le souhaite à la tête de l'Etat. (photo d'illustration) REUTERS/Thomas Peter

Dimanche 11 mars, à l’Assemblée nationale populaire, 21 amendements à la Constitution sont passés comme une lettre à la poste. Dans le lot, la présidence à vie pour Xi Jinping, mais aussi un article qui donne désormais au parti communiste au pouvoir un « rôle dirigeant ». Par ailleurs, la « pensée de Xi », une philosophie politique aux contours flous, fera partie intégrante de la Constitution. Au lendemain du vote, dans un parc pékinois, des badauds apprennent à chanter des chansons qui rendent hommage à la « nouvelle ère ».


Avec notre correspodante à Pékin, Heike Schmidt

La « Pensée de Xi Jinping sur le Socialisme aux caractéristiques chinoises dans la nouvelle ère » est désormais inscrite dans la Constitution. Qu’est-ce que cela veut dire ? Des choristes croisés dans un parc pékinois fournissent un début d'explication, en récitant les paroles d'une chanson qu'ils viennent d'apprendre : « Le drapeau rouge estampillé des cinq étoiles flotte au vent. Avec l’esprit héroïque et plein de confiance, nous marchons vers la nouvelle ère, la Chine sera forte. On entame un nouveau voyage. »

Chaque matin, ce retraité s’en donne à cœur joie, en tapant du pied le rythme de ses « chansons rouges », des airs à la gloire de la patrie et du parti, et à l’amour du peuple pour ses dirigeants: « Le parti communiste dirige tout et c’est  nécessaire. J’aime mon pays et grâce au parti communiste, il évolue bien. » 

Que l’article 1 de la Constitution stipule désormais « le rôle dirigeant » du parti sur le pays, c’est salutaire, estime aussi Wang Tangxiong, membre du parti depuis 40 ans. Pour le sexagénaire nostalgique de l’ère maoïste, patrie et parti ne font qu’un : « Notre grand pays de 1 milliard 300 millions de citoyens a besoin d’un grand leader, comme l’a été le président Mao. Un vrai timonier ! Xi Jinping a donné de la confiance au peuple. Tant qu’il restera au pouvoir, la Chine sera forte ! »

Le parti communiste dirige tout. C’est bien et nécessaire. J’aime mon pays, et grâce au parti communiste, il évolue bien.
«Chansons rouges» dans un parc de Pékin Reportage dans la capitale chinoise. 14/03/2018 - par RFI Écouter

■ Le point de vue d'Hu Jia

« Je suis contre » peut-on lire sur une pancarte tenue par le dissident chinois Hu Jia - une photo avec laquelle il exprime son opposition contre la modification de la Constitution qui donne la possibilité à Xi Jinping de rester au pouvoir au-delà de 2023. Une photo que le militant a réussi à tweeter malgré la censure draconienne en Chine et malgré le fait qu'il est 24 heures sur 24 sous surveillance. D'ailleurs, la police politique a emmené ce militant des droits de l'homme, prix Sakharov du Parlement européen, « faire du tourisme » à la campagne.

Ma première réaction a été de me dire que l'empereur est devenu complètement nu : il a fait tomber son costume d'apparat, il n'en a plus besoin pour régner. Moi, je suis contre toute Constitution qui donne le monopole du pouvoir à un parti. Je suis contre toute modification de la Constitution qui donne le pouvoir à un tyran d'exploiter le peuple. Xi Jinping est en train de transformer l'Etat policier en un véritable empire. Ce qu'il veut, c'est régner pendant longtemps. C'est un retour en arrière. En faisant ça, il renforce son contrôle sur le peuple. Sous la pression, les Chinois vont finir par se réveiller et se révolter.
Hu Jia, dissident chinois 12/03/2018 Écouter

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