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séisme tsunami et catastrophe nucléaire au Japon Japon

Publié le • Modifié le

Sept ans après Fukushima, les Japonais divisés sur la question du nucléaire

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Des habitants jettent des bouquets de fleurs à la mer pour leurs proches tués dans la catastrophe à Soma, préfecture de Fukushima, le 11 mars 2018. JIJI PRESS / AFP

Le Japon s'est figé dans le recueillement ce samedi au moment précis où, le 11 mars 2011, un tremblement de terre suivi d'un tsunami et de la catastrophe nucléaire de Fukushima a ébranlé l'archipel. Le gouvernement réactive depuis 2015 ses centrales nucléaires après les avoir toutes arrêtées en 2011. Une remise en marche qui ne fait pas l’unanimité. Reportage à Kyoto.

 


Avec notre correspondant à Kyoto,  Alexandre Barbe

Les années passent et dans l’esprit des Japonais le souvenir de la catastrophe a tendance à s’estomper. « J’ai l’impression que les gens ont de moins en moins conscience de ce qui s’est passé, regrette Kaito. Alors qu’il reste tellement à faire pour la reconstruction. Il faut que tout le monde suive ça de près. Moi-même, en tant que Japonais, j’ai vraiment envie de faire quelque chose pour les régions sinistrées », assure-t-il.

Au-delà de la reconstruction et du problème des réfugiés, une question divise l’opinion : que faire des centrales nucléaires ? Pour Yusuke, leur remise en marche est une nécessité. « On a besoin du nucléaire pour l’économie. Simplement, il faut bien prendre en compte les risques d’accident ou d’attentat, de façon à trouver le bon équilibre », dit-il.

Pour Seiko, en revanche, les intérêts économiques ne valent pas le risque d’une nouvelle catastrophe. « J’étais à Kobe lors du tremblement de terre de 1995, et à Tokyo en 2011. Alors je me dis que ça peut de nouveau arriver. Est-ce que le Japon a vraiment besoin du nucléaire ? Depuis Fukushima, on nous dit sans cesse d’économiser l’énergie, et il se trouve qu’on vit très bien comme ça, alors que le nucléaire est quasiment à l’arrêt. Donc, pourquoi reprendre ? », s’interroge-t-elle.

Si le gouvernement de Shinzo Abe veut poursuivre la reprise du nucléaire, d’après les sondages seul un tiers des Japonais y sont favorables.

Faible en ressources naturelles, le Japon produit seulement 6% de son énergie sans le nucléaire et dépend des importations étrangères pour l’essentiel. En 2010, avec tout son parc nucléaire actif, il était à 20% autosuffisant en énergie.