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Birmanie Rohingyas

Publié le • Modifié le

Birmanie: des villages rohingyas incendiés et rasés au bulldozer

media
Rehana Khatun et son enfant dans le camp de Kutupalong au Bangladesh. Son mari était parmi les dix Rohingyas tués par les forces de sécurité et villageois boudhistes le 2 septembre 2018. REUTERS/Mohammad Ponir Hossain

Plusieurs villages rohingyas incendiés ont été rasés au bulldozer dans l’Etat de Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie, selon des ONG. Elles dénoncent la volonté de Rangoon d'effacer définitivement toute trace de la présence de Rohingyas dans cette région. Depuis août, plus de 700 000 Rohingyas ont fui les violences militaires et ont trouvé refuge au Bangladesh. Le processus de rapatriement qui devait débuter le 23 janvier selon un accord entre les deux pays est retardé.


Sur des photos postées sur les réseaux sociaux par l'ambassadeur de l'Union européenne en Birmanie, Kristian Schmidt, on peut voir des zones entières passées au bulldozer. De ces villages brûlés pendant la campagne militaire débutée en août 2017, il ne reste plus rien. Même les arbres ont été abattus.

« Les Rohingyas sont sous le choc de voir que leurs villages ont été rasés », a commenté Chris Lewa, du projet Arakan, une ONG qui recense les mouvements migratoires des Rohingyas.

« Ils ont la sensation que l'on est en train de faire disparaître les dernières traces de leur présence dans cette région. Ce sont les terres de leurs ancêtres et il n'en reste plus rien », explique-t-elle, ajoutant que certaines mosquées ont aussi été rasées, comme dans le village de Myo Thu Gyi.

L'armée birmane est accusée par l'ONU d'un nettoyage ethnique dans l'ouest du pays, d'où près de 700 000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh voisin depuis août.

Le programme de retours retardé

Le ministre birman Win Myat Aye en charge du rapatriement des Rohingyas a assuré que tout cela faisait partie du plan pour leur retour et qu’il mettait en place de nouveaux plans de villages avant le retour des réfugiés.

La situation est critique en Etat Rakhine car la Birmanie et le Bangladesh n'ont pas pu tenir les délais pour assurer le retour de centaines de milliers de réfugiés Rohingyas en Birmanie. Les premiers rapatriements étaient prévus le 23 janvier, en vertu d'un accord signé par les deux pays, considérés avec circonspection par les experts et les ONG.

Ceux-ci estiment que les conditions ne sont pas réunies pour une résolution des tensions dans l'Etat Rakhine et demandent que les rapatriements s'effectuent uniquement sur la base du volontariat.

Le Bangladesh a annoncé lundi avoir signé un accord avec le Haut Commissariat de l'ONU pour les Réfugiés (HCR) pour le faire participer à ce programme de retours, afin de ne pas être accusé de renvoyer contre leur gré des Rohingyas.

Le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères bangladais Shahriar Alam a appelé à la patience, disant que Dacca ne voulait pas renvoyer des réfugiés si c'était pour les voir revenir, comme ce fut le cas pour plusieurs programmes de retours dans le passé.

L'armée reconnaît des exactions

Pour la première fois l'armée birmane a reconnu que des soldats et des villageois bouddhistes avaient tué de sang-froid des captifs rohingyas, un premier aveu public de violation des droits de l'homme après des mois de dénégations, qui reste cependant limités. L'accès libre à la zone reste interdit aux journalistes, rendant très difficiles les vérifications des accusations de meurtres, viols et tortures.

(avec Afp)

► (Re) lire : L’exclusion des Rohingyas, un consensus Birman

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