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Chine Droits de l’homme médias

Publié le • Modifié le

Chine: les parodies de «grands classiques rouges» bannies des réseaux sociaux

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Des touristes se prennent en photo devant un drapeau du Parti communiste chinois, le 21 avril 2016 à Shaoshan, dans le sud du pays. JOHANNES EISELE / AFP

Pékin vient de lancer une campagne pour nettoyer le Net de toute moquerie qui pourrait ridiculiser les héros de la révolution et les chansons qui leur rendent hommage.


Avec notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt

Dépourvu de tout humour, le ministre de la Culture chinois a ordonné à toutes les plateformes internet « de prendre au sérieux les thèmes classiques de la Révolution, de respecter l’histoire et de louer ses héros ». Elles sont tenues d'« agir consciencieusement contre des tentatives de ridiculiser l’œuvre révolutionnaire ».

Une chanson de 1939, « Le fleuve jaune », composée en pleine guerre contre le Japon, avait ainsi été parodiée. Dans sa version originale, elle louait les braves soldats qui résistent contre l’envahisseur. « Le vent hurle, les chevaux hennissent et le fleuve jaune rugit », chantait-elle.

Dans la parodie, ces paroles ont été tournées en dérision pour donner : « Hurlons, pour obtenir la prime de fin d’année, ma femme veut un sac à main de luxe et mon enfant une place dans une bonne école ».

« Contenus nocifs »

Pour ne rien arranger, les chanteurs de ce chœur comique sont déguisés en panda. Avec 10 millions de vues, la vidéo a bien amusé les internautes. Trop pour la fille du compositeur qui a demandé à ce que de telles paroles « malsaines » soient bannies du web. Le très sérieux Quotidien du peuple s’en est mêlé pour demander de sanctionner ces parodies « vulgaires et frivoles ».

Il s'agit du dernier exemple en date de la censure draconienne sur le Net chinois et de la mainmise idéologique du Parti sur les derniers recoins de liberté de parole. Une loi est d’ailleurs en préparation qui permettra de traîner en justice toute personne qui nuit à l’honneur des martyrs et héros chinois. Cette loi complétera celle sur la cybersécurité, qui baillonne encore davantage la Toile depuis l’été dernier.

Fin janvier, Weibo, le Twitter chinois, s’est attiré les foudres du gouvernement pour avoir propagé ce que les autorités appellent des « contenus nocifs ». Il peut s'agir d'un dessin animé, de morceaux de rap ou de ragots sur une célébrité. Dès qu’un contenu sort de la ligne fixée par le Parti communiste, les cyberpoliciers chinois voient rouge !

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