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Birmanie médias Droits de l’homme Rohingyas

Publié le • Modifié le

Rohingyas: Reuters publie l'enquête de ses journalistes birmans emprisonnés

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Wa Lone, l'un des deux journalistes birmans inculpés à Rangoon, ce mercredi 10 janvier 2018, à son arrivée au tribunal. REUTERS/Stringer

L'agence Reuters publie l'enquête sur laquelle travaillaient ses deux journalistes birmans aujourd'hui en prison. Ces derniers ont documenté la mort de dix Rohingyas dans une fosse commune en septembre dernier, dans l'ouest du pays, dans l'Etat d'Arakan, où cette communauté musulmane est très persécutée. Or, cette enquête contredit la version de l'armée donnée en janvier dernier.


Avec notre correspondante à Rangoon, Eliza Hunt

Dans cette enquête de l'agence Reuters, des villageois birmans bouddhistes s'expriment pour la première fois. Ils ont participé à la tuerie à Inn Dinn, un village de 7 000 habitants dans l'Etat d'Arakan, dans l'ouest du pays. Selon leurs témoignages, un officier leur aurait proposé de se porter volontaire pour participer à des opérations de sécurité.

Reuters cite également des membres des forces de police qui racontent avoir reçu l'ordre de « nettoyer » les maisons des Rohingyas. Dans les jours qui suivent, celles-ci seront ensuite brulées.

« Terroristes »

L'enquête retrace le déroulé de la soirée du 1er septembre, au cours de laquelle dix musulmans sont arrêtés, jusqu'à leur exécution le 2 septembre au matin. Il y a un mois, l'armée birmane expliquait que ces dix hommes étaient des terroristes qui venaient d'attaquer les militaires du pays.

Or, selon les journalistes de Reuters, ces hommes ont été choisis au milieu d'un groupe de Rohingyas réfugiés sur une plage pour se protéger. Arrêtés, ils sont interrogés le 1er septembre au soir, avant d'être tués le lendemain par des soldats et des villageois. Des photos des victimes à genoux avant leur exécution ont été récupérées par les reporters.

Si des « preuves primaires solides et fiables » sont présentées, des mesures seront prises, a déclaré le porte-parole du gouvernement. Les deux auteurs de l'enquête sont eux toujours derrière les barreaux et risquent jusqu'à 14 ans de prison.

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