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Publié le • Modifié le

Libre-échange: vers un nouvel accord transpacifique dans le dos de Washington?

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Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le 11 novembre 2017 à Danang, au Vietnam, pour le sommet de l'APEC. REUTERS/Kham

Vendredi 10 novembre 2017, au forum annuel de l'APEC qui se tient au Vietnam, Donald Trump a tenu un discours au ton résolument isolationniste. Il a confirmé une décision prise quelques jours après son investiture : les Etats-Unis se retirent de l'accord de libre-échange transpacifique TPP et privilégient le cadre bilatéral. Qu'à cela ne tienne, les 11 autres parties prenantes à cette discussion ont annoncé, ce samedi, qu'elles allaient avancer sans lui. Un nouveau cadre a été défini.


Le président Trump l'a redit, vendredi à Danang lors du sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC) : ce sera « l'Amérique d'abord ». Les Etats-Unis négocient désormais de manière bilatérale, et ne signeront plus de « grands accords qui les obligent à renoncer à leur souveraineté ».

Voilà pourquoi Washington a annoncé, peu après l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, que les Etats-Unis se retiraient du partenariat transpacifique TPP. Mais l'on apprend ce samedi que ce partenariat va continuer sous une nouvelle forme. Onze pays des deux rives de l'océan ont en effet décidé de poursuivre la constitution d'une vaste zone de libre-échange entre l'Asie et les Amériques.

Les pays restant parties prenantes dans cette négociation sont les suivants : Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam. Tous veulent avancer vers l'élimination de plus de 90 % des droits de douane qui frappent encore leurs échanges commerciaux.

→ À relire : Le traité transpacifique renvoyé aux calendes grecques

Riz, sucre, fromage, bœuf... L'an dernier, le commerce entre ces pays a atteint 356 milliards de dollars. Mais ce partenariat transpacifique devrait également imposer à des pays comme le Vietnam, le Mexique ou la Malaisie une amélioration de leur droit du travail et de la protection des travailleurs.

Cependant, avec les Etats-Unis, la zone de libre-échange aurait représenté 40 % de l'économie mondiale. Or, sans eux, on tombe à moins de 15 % de l'économie mondiale. D'où l'idée qu'à terme, la Chine puisse rejoindre le partenariat en prenant la place laissée vacante par les Etats-Unis de Donald Trump.

Ce serait un paradoxe, puisque le traité transpacifique avait justement pour objectif initial de contrebalancer le poids grandissant de la Chine dans cette région du monde. Lâchés par Donald Trump, les partenaires des Etats-Unis font ainsi comprendre qu'ils ne seront pas en mal d'alternative.

Autrement dit, l'isolationnisme américain pourrait faire les affaires de Pékin. Le président chinois, Xi Jinping, dans un contraste saisissant, s'est d'ailleurs posé à l'APEC en grand défenseur de la mondialisation et du libre-échange. Par ailleurs, cette affaire démontre que quoi qu'en dise Donald Trump, le multilatéralisme n'a pas dit son dernier mot. Il se construit, avec ou sans les Etats-Unis.

à (re)lire: Pendant que Trump discute relations bilatérales, le TPP renaît sans lui

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