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Corée du Sud Corruption Justice Park Geun-hye Moon Jae-in Chine

Publié le • Modifié le

La pression s'accroît sur Lotte, cinquième plus riche conglomérat sud-coréen

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Le président de Lotte Group, Shin Dong-bin, s'incline à son arrivée à un tribunal à Séoul, en Corée du Sud, le 20 mars 2017. REUTERS/Kim Hong-Ji

La dégringolade continue pour Lotte, le cinquième plus riche conglomérat de Corée du Sud. Lundi 30 octobre, le parquet de Séoul a réclamé 10 ans de prison ferme contre son patron, Shin Dong-bin. Et aux ennuis judiciaires s’ajoutent les déboires commerciaux : Lotte a dû récemment fermer des dizaines de magasins en Chine, suite à une vaste campagne de boycott orchestré par les autorités chinoises.


De notre correspondant à Séoul,

Le président de Lotte Group, Shin Dong-bin, est accusé d’avoir détourné 39 millions d’euros et d’avoir versé d’énormes salaires fictifs à son frère aîné, à sa sœur, à son père et à la maîtresse de son père, qui sont tous sur le banc des accusés. Les dommages sont évalués à 103 millions d’euros de pertes pour l’entreprise.

Dans une affaire séparée, Shin Dong-bin est inculpé depuis avril dans le cadre du scandale tentaculaire qui a provoqué la destitution de la présidente Park Geun-hye. Aux côté d’autres grands patrons, il est accusé d’avoir soudoyé une confidente de Park Geun-hye pour obtenir diverses faveurs. Shin Dong-bin ne devrait pas bénéficier de l’indulgence des juges, qui sont souvent accusés de clémence suspecte à l’égard des conglomérats qui dominent l’économie de la Corée du Sud : le nouveau président Moon Jae-in, élu en mai, a fait de la lutte contre les crimes en col blanc l’un de ses chevaux de bataille.

La débâcle chinoise de Lotte

L’empire Lotte, ce sont entre autres des hôtels, de l’agro-alimentaire, des grands magasins, du duty free, des parcs d’attraction. Le groupe affichait d’immenses ambitions dans le marché chinois, il y avait investi 7 milliards d’euros. Mais l’année dernière, Lotte a vendu en Corée du Sud un terrain de golf sur lequel les Etats-Unis ont installé un système d’interception de missiles à haute altitude. Ce système possède de puissants radars qui permettent aussi de surveiller le territoire chinois. Cela a provoqué la fureur de la Chine.

Pékin a mené une vaste campagne de rétorsion et de boycott, provoquant la fermeture d’une dizaine de magasins chinois de Lotte. En septembre, le groupe a jeté l’éponge et a annoncé la vente de plusieurs de ses magasins. En Corée même, le boycott des touristes chinois a beaucoup nui aux activités de la société.

Une guerre de succession fratricide

Tous ces déboires surviennent alors que Lotte peine à se remettre d’une sanglante guerre de succession. Les deux fils du fondateur, âgé de 94 ans, se disputent la succession du groupe. Et c’est le frère cadet, homme d’affaires accompli, qui a réussi à s’imposer via une sorte de coup d’Etat, contre la volonté de son père !

Les interminables rebondissements de ce conflit fratricide font le régal de la presse coréenne. Shin Dong-bin a donc gagné. Et il a entamé une restructuration interne saluée par les investisseurs. Mais il se retrouve aujourd’hui à la tête d’un empire fragilisé. D’ailleurs, on peut noter que le nom du groupe, Lotte, est emprunté à celui de l’héroïne du célèbre roman de Goethe, Les souffrances du jeune Werther, un nom qui était peut-être prémonitoire !

Chronologie et chiffres clés