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Corée du Sud Corée du Nord Etats-Unis Donald Trump

Publié le • Modifié le

Trump, ce président américain qui fait de plus en plus peur en Corée du Sud

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Le président américain Donald Trump, le 23 octobre 2017 à Washington. REUTERS/Joshua Roberts

Les Sud-Coréens s’inquiètent, alors que les Etats-Unis continuent de faire planer la menace de frappes militaires sur le voisin nord-coréen. Des menaces répétées avec insistance par la Maison Blanche. Donald Trump a encore affirmé dimanche 22 octobre qu'il était « totalement prêt » à la guerre avec Pyongyang. Une option qui serait même « bien » (« nice »), a ajouté le président américain.


De notre correspondant à Séoul,

En 70 ans de division, la péninsule coréenne a déjà traversé de nombreuses crises. La différence cette fois-ci, c'est que le danger semble venir des Etats-Unis.

Le dirigeant Kim Jong-un n’est pas suicidaire. Il ne va pas commencer une guerre qu’il est sûr de perdre. Mais il n’a jamais été aussi proche de détenir une arme nucléaire capable de frapper le territoire américain, et cette perspective est insupportable pour la Maison Blanche.

Le conseiller sécurité de Donald Trump, le général McMaster, a déclaré cette semaine qu’une Corée du Nord nucléaire et qu’une stratégie de dissuasion - qui a pourtant fonctionné pendant des décennies de guerre froide - étaient « inacceptables ».

Pyongyang refusant de renoncer à l’atome, cela ne laisse que l’option miliaire. Plusieurs sources affirment que les stratèges de la Maison Blanche penchent de plus en plus pour cette option.

Le Nord fait souvent preuve de retenue à l’approche de l’hiver

Le spécialiste Andrei Lankov, basé à Séoul, estime même de 20 à 30 % les chances de frappes américaines sur le Nord, et de 10 à 15 % les risques de représailles nord-coréennes de grande envergure.

En somme, pour un nombre croissant d’experts, la probabilité d’une deuxième guerre de Corée reste faible, mais elle n’a pour autant jamais été aussi élevée.

Alors, toutes ces déclarations belliqueuses ne sont-elles que des opérations de « guerre psychologique » destinées à effrayer le régime de Pyongyang ? C’est ce qu’affirment certains.

On observe d’ailleurs un calme relatif côté nord-coréen, avec 40 jours sans tir de missile. Mais il ne faut pas en tirer des conclusions hâtives ; le Nord fait souvent preuve de retenue à l’approche de l’hiver.

Une action militaire, même limitée, pourrait être mal interprétée

Faire planer la menace de guerre pourrait aussi être un moyen de faire peur à la Chine pour l’obliger à asphyxier économiquement son allié nord-coréen. Et c’est vrai que Pékin n’a jamais fait preuve d’aussi bonne volonté dans le vote et la mise en place de sanctions.

Enfin, effrayer les pays de la région pourrait être un moyen de préparer des négociations à long terme. Le problème, c’est que cette rhétorique belliciste augmente les risques d’escalade et de mauvais calcul.

Une action américaine, même limitée, pourrait être considérée par Pyongyang comme le début d'une guerre. Le régime pourrait alors répliquer en jouant son va-tout avec des attaques de grande envergure sur Séoul et les bases américaines situées au Sud.

Les Sud-Coréens, qui sont à portée de tir de l’artillerie nord-coréenne, vivent ces tensions sans aucune panique. Mais à Séoul, on observe une inquiétude croissante et des attitudes nouvelles.

« la tension et la terreur accumulées nous minent de l’intérieur »

« J’ai commencé à discuter de plans d’évacuation avec mes parents », écrit ainsi l’éditorialiste Koo Se-woong, dans un article intitulé « M. Trump, je vis en Corée du Sud et vous me faites peur ».

Sous le calme « apparent », « la tension et la terreur accumulées pendant des décennies nous minent de l’intérieur et surgissent par intermittence lors de banales conversations », écrit la romancière Han Kang, qui accuse les Etats-Unis de traiter les 50 millions de Sud-Coréens comme quantité négligeable.

En tout cas, il n’y a aucun indicateur de l’imminence d’un conflit, par exemple une évacuation de ressortissants américains.

L’armée américaine mène cette semaine un exercice d’évacuation des civils vivant dans ses bases en Corée du Sud. Mais elle assure qu’il s’agit d’un exercice de routine, qui a lieu tous les ans. L’intérêt médiatique suscité est néanmoins signe de la nervosité ambiante.

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