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Birmanie Bangladesh ONU Union européenne

Publié le • Modifié le

Des Rohingyas tentent toujours de rejoindre le Bangladesh à la nage

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Des Rohingyas tentent de traverser à la nage la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, à Palang Khali, le 9 octobre 2017. REUTERS/Mohammad Ponir Hossain

Les garde-côtes du Bangladesh ont repêché, mercredi, des Rohingyas qui franchissaient, à la nage avec des jerricans comme flotteurs de fortune, la rivière servant de frontière naturelle avec la Birmanie. Selon l'ONU, plus d'un demi-million de Rohingyas ont fui depuis fin août, soit la moitié de cette communauté musulmane apatride, installée en Birmanie depuis des décennies.


L'estuaire de la Naf sépare l'Etat d'Arakan, en Birmanie, d'où fuient les Rohingyas persécutés, de Cox's Bazar, première ville frontalière du Bangladesh - où se dressent depuis des décennies les camps de réfugiés de ce peuple apatride.

Onze Rohingyas, partis en éclaireurs, « ont expliqué qu'ils avaient l'intention de louer des bateaux pour transporter leurs familles, les proches et des centaines d'autres Rohingyas réunis sur la rive de la rivière Naf » côté birman, après avoir traversé, explique à l'AFP Abdul Jalil, responsable des gardes-côtes. « Ils ont décidé de franchir à la nage les deux kilomètres de l'estuaire de la Naf. Les gardes-côtes les ont repêchés alors qu'ils flottaient à l'aide de jerricans près de Shah Porir Dwip. »

En Birmanie, les Rohingyas candidats au départ restaient nombreux mardi à se masser sur la côte, dans l'espoir d'embarquer vers le Bangladesh voisin. Et ce malgré les risques de ne pas arriver à bon port, la traversée étant périlleuse en cette saison de mousson. Au moins 160 Rohingyas ont trouvé la mort depuis fin août en tentant le pari, avec un dernier naufrage meurtrier dimanche soir.

Plus d'un demi-million de musulmans rohingyas sont arrivés depuis fin août dans ce pays pauvre d'Asie du Sud pour fuir ce que l'ONU considère comme une épuration ethnique en Birmanie. Après un ralentissement, l'exode a repris en force cette semaine avec des milliers de nouvelles arrivées de Rohingyas. Le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU dit se préparer à « une hausse du nombre de réfugiés dans les prochains jours ».

Une journaliste de l'AFP ayant pu se rendre dans la zone de conflit bouclée par l'armée birmane lors d'un rare voyage de presse organisé par les autorités a pu voir mardi des centaines de Rohingyas massés sur la rive birmane de la rivière. Ils expliquent ne pouvoir ni traverser faute d'argent pour payer les passeurs, ni reculer puisqu'ils n'ont plus rien à manger.

L'Union européenne suspend ses relations avec l'armée birmane

L'UE va suspendre tout contact avec le chef d'état-major birman pour protester contre « l'usage disproportionné de la force » par l'armée contre les Rohingyas et elle « pourrait envisager » des sanctions « si la situation ne s'améliore pas », selon un texte consulté par l'AFP mercredi 11 octobre.

Le document doit être adopté lundi par ses 28 ministres des Affaires étrangères. L'UE rejoint les Nations unies dans leur analyse selon laquelle la répression de l'armée vise à expulser une fois pour toutes les Rohingyas de Birmanie. Plus tôt ce mercredi, une enquête de l'ONU concluait : « Les attaques brutales contre les Rohingyas dans la partie septentrionale de l'Etat Rakhine ont été bien organisées, coordonnées et systématiques, avec l'intention non seulement de pousser la population en dehors de la Birmanie, mais aussi de les empêcher de revenir chez eux. »

Le texte de l'UE poursuit : « Quand tant de personnes sont déplacées aussi rapidement, ceci indique fortement qu'il s'agit d'une action délibérée pour expulser une minorité. » Appelant « toutes les parties » à « mettre immédiatement fin aux violences », les Européens pointent particulièrement la responsabilité de l'armée birmane. « L'UE et ses Etats membres suspendront leurs invitations au commandant en chef des forces armées de la Birmanie et à d'autres officiers militaires de haut rang, et réévalueront toute coopération pratique en matière de défense », selon le texte, approuvé mercredi par les ambassadeurs des 28.

(avec AFP)

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