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Bangladesh Birmanie

Publié le • Modifié le

Rohingyas: le Bangladesh s'organise face à l'afflux des réfugiés

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Distribution de provisions pour des réfugiés rohingyas à Cox's Bazar, au Bangladesh, le 16 septembre 2017. REUTERS/Mohammad Ponir Hossain

Alors que plus de 400 000 réfugiés rohingyas sont arrivés au Bangladesh en trois semaines, la Première ministre bangladaise Sheikh Hasina va profiter de l'Assemblée générale de l'ONU la semaine prochaine pour appeler la communauté internationale à faire pression sur la Birmanie afin que tous les Rohingyas soient rapatriés chez eux. Mais dans le même temps, son gouvernement a préparé un plan d'action pour faire face à l'afflux des réfugiés.


Le Bangladesh n'a aucune envie que les 400 000 Rohingyas réfugiés sur son territoire s'y installent. Mais leur retour souhaité par la Première ministre bangladaise est plus qu'hypothétique : la Birmanie veut vérifier l'identité de toute personne qui retraverserait la frontière. Or, dans leur grande majorité, les Rohingyas n'ont pas de papiers birmans, puisque le pays leur a retiré leur citoyenneté.

Sheikh Hasina espère que cette situation évoluera sous la pression internationale. Mais en attendant, il faut composer avec la réalité. Les autorités ont commencé à enregistrer les réfugiés, alors qu'elles s'y refusaient jusqu'à présent. Et le gouvernement a préparé un plan d'action avec les grandes agences onusiennes. Quelque 14 000 nouveaux abris pouvant accueillir chacun six familles doivent être construits dans les dix jours, tandis que de nouveaux dispensaires médicaux seront installés. Dacca entend également centraliser la distribution de l'aide.

→ (RE)LIRE : Camps de réfugiés, exactions: ce qu’il faut savoir sur la crise des Rohingyas

Pour l'instant, l'assistance est chaotique, au point de provoquer des drames. Ce samedi, deux enfants et une femme sont morts dans une bousculade pendant une distribution de vêtements.

Des Arakanais intransigeants

De l'autre côté de la frontière, la crise humanitaire qui frappe les Rohingyas ne semble pas émouvoir les Arakanais, ces bouddhistes originaires de l'Etat de l'Arakan où vit également la minorité musulmane, constate notre correspondant à Rangoon, Rémy Favre.

« Je ne sais pas si tous ces gens sont des terroristes, ou pas. Seuls les terroristes savent qu'ils sont terroristes. C'est une crise entre l'armée et des terroristes. Donc, les gens qui ne posent pas de problèmes et qui ne sont pas des terroristes n'ont pas à fuir leurs villages, ils peuvent rester », juge Tin Htoo Aung, président d'une ONG arakanaise. Pour lui, les Rohingyas sont des immigrés illégaux en Birmanie et à ce titre, ils doivent être confinés dans des camps.

Alors que les ONG ont un accès très restreint à l'Arakan, Tayzar Aung, un journaliste arakanais bouddhiste, estime normal d'empêcher les organisations humanitaires de faire leur travail. « Les nouvelles ont montré que les organisations non gouvernementales et les Nations unies soutenaient les terroristes, rapporte-t-il. On a retrouvé des rations de nourriture distribuées par les Nations unies dans des sacs à dos appartenant à des terroristes. Donc, c'est compliqué et il vaut mieux bloquer l'aide humanitaire dans ces conditions. »

L'Etat de l'Arakan est par ailleurs interdit aux journalistes. Seuls quelques professionnels de la presse ont pu s'y rendre, mais en étant escortés par les autorités.

→(Re)lire : Le drame des Rohingyas en Birmanie peut-il nourrir le jihad?

→Ecouter Géopolitique, le débat : La transition démocratique et la stabilité de la Birmanie sont-elles menacées?

 

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